Battu mais réélu : l’incroyable scénario légal

Dans les méandres des textes légaux et d’une lecture extensive des pouvoirs présidentiels, Donald Trump pourrait trouver le chemin pour ne pas se soumettre au verdict des urnes. (Article publié dans l’Humanité du 29 juillet 2020.)

C’est un scénario de science politique-fiction totalement réaliste : Donald Trump est battu le 3 novembre mais deux mois et demi plus tard il plastronne sur le Mall de Washington et prête serment pour la seconde fois. Publié par le célèbre magazine Newsweek, il est détaillé par un éditorialiste maison, Tom Rogers, et un ancien sénateur démocrate du Colorado, Timothy Wirth. Accrochez vos ceintures et révisez votre droit constitutionnel américain.

Cela commence donc le soir du 3 novembre : Biden remporte le vote populaire ainsi que le collège électoral grâce à des victoires sur le fil dans les « Swing States » de l’Arizona, du Wisconsin, du Michigan ou de la Pennsylvanie. Aussitôt, Trump crie à la fraude et à l’interférence de la Chine, dont il n’a cessé, durant toute la campagne, de dénoncer le rôle. Cela relève de la sécurité nationale, argue-t-il, ce qui lui permet d’invoquer des « pouvoirs d’urgence ». Le département de la Justice est chargé d’une enquête dans les quatre États. La date du vote du collège électoral se rapproche et les investigations s’éternisent. Les législatures de ces quatre États – dominés par les républicains – refusent de certifier les résultats tant que les doutes sur la « sécurité nationale » persistent. Les démocrates saisissent alors la Cour Suprême qui se contente de rappeler que la date du 14 décembre est impérative et que, légalement, le président est dans ses droits. Le collège électoral se réunit donc sans les quatre États concernés : ni Biden, ni Trump n’obtiennent une majorité. L’élection se jouera à la Chambre des représentants. Les démocrates ont maintenu leur majorité obtenue en 2018. Bonne nouvelle pour Biden ? Détrompez-vous. Le vote se déroule par État qui compte chacun pour une voix. À ce jour, même si les démocrates comptent 235 élus contre 197 aux républicains, la plus forte concentration de leurs députés dessine un rapport de forces inverse en nombre d’États : 26 pour Trump, 23 pour Biden. Donald J. Trump est élu pour un second mandat. « Nous n’arrivons pas à nous convaincre qu’il s’agit d’un scénario farfelu, commentent les deux auteurs. Nous avons vu Trump menacer d’invoquer la loi contre l’insurrection de 1807 pour envoyer l’armée contre les manifestants de son propre pays. » Ils terminent par cette question : « Que faisons-nous en tant que citoyens contre la réalité menaçante d’un Complot contre l’Amérique ? » La référence au roman de Philip Roth dans lequel la victoire de Charles Lindbergh face au président sortant Roosevelt projette l’Amérique dans un système autoritaire.

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