Donald Trump dans le piège Esptein

Le président est accusé par une partie de sa propre base de camoufler des éléments de l’enquête. Il a dû se résoudre à en divulguer une partie. (Article publié dans l’Humanité du 21 juillet 2025.)

Donald Trump a cédé, mais pas totalement. Il a demandé à Pam Bondi, la ministre de la Justice, de rendre public le témoignage de Jeffrey Epstein devant un grand jury, étape qui a précédé sa mise en examen, puis son procès. Le locataire de la Maison-Blanche s’est ainsi octroyé un répit qui sera sans doute de courte durée.

La frange « complotiste » de sa base ne se contentera pas de cette bribe et demandera que l’ensemble des éléments, y compris les enquêtes du FBI, soient révélés. Donald Trump n’est donc pas encore sorti de la nasse dans laquelle il est entré il y a quelques semaines.

Tout a commencé par une déclaration de Pam Bondi le 7 juillet. Après avoir assuré il y a quelques mois qu’elle avait sur son bureau la liste des « clients » d’Epstein, condamné pour pédocriminalité, l’ancienne avocate de Donald Trump, désormais à la tête du département de la Justice, a annoncé ce jour-là qu’aucun élément nouveau n’existait.

Cette affirmation a déclenché la fureur de figures populaires au sein de la base Maga (Make America Great Again), de Steve Bannon, l’ancien conseiller, à Charlie Kirk, figure du suprémacisme blanc, en passant par Tucker Carlson, ancien présentateur vedette de Fox News. Tous suspectent l’administration Trump de « dissimuler » des éléments du dossier.

Cette partie de la coalition républicaine est convaincue que « le gouvernement » masque l’étendue du réseau, dont l’ancien financier pédocriminel était le pivot, ainsi que l’identité des personnalités politiques et des célébrités impliquées. Elle remet également en cause le suicide du condamné dans sa cellule en 2019. Il y a quelques mois, l’administration Biden était leur cible. Désormais, c’est Donald Trump lui-même. D’autant que, lors de la campagne présidentielle, le candidat républicain avait relayé ces théories complotistes. Le voilà désormais pris à son propre piège où le passé refait surface. Le Wall Street Journal a ainsi révélé la semaine dernière une carte d’anniversaire envoyée en 2003 à Jeffrey Epstein par Donald Trump. Ce dernier a porté plainte contre le quotidien, propriété de l’homme d’affaires ultraconservateur Rupert Murdoch, également propriétaire de Fox News, la chaîne officielle du trumpisme. Les deux milliardaires avaient entretenu pendant des années une relation de proximité, s’affichant dans des fêtes et auprès de femmes sélectionnées pour leur physique.

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