Archives mensuelles : septembre 2012

Quand Romney se lâche sur les électeurs d’Obama

Le magazine Mother Jones a publié, le 17 septembre, une vidéo montrant Mitt Romney situant les enjeux de l’élection américaine. Pas besoin de faire de grands discours pour éclairer ce propos. Selon le candidat républicain, Obama obtiendra 47% des suffrages car 47% des Américains ne paient pas d’impôts, 47% dépendent du gouvernement, 47% se considèrent comme des victimes, 47% pensent qu’ils ont des droits, etc… Romney affirme à ses amis qui l’écoutent qu’il ne va même pas tenter de convaincre ces Américains-là de prendre « la responsabilité de leur vie »… Non, il va s’attaquer, dit-il, aux 5 à 10% de centristes indépendants qui ont les idées claires. Et le concours au républicain le plus extrême continue…

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Deux débats sur la Fête de l’Huma

Samedi à 18h au stand des Amis de l’Huma, je participe à un débat sur les Etats-Unis en compagnie de Daniel Mermet, journaliste à France Inter

Dimanche, à 15h30, au Village du Monde, toujours les Etats-Unis avec cette fois-ci Serge Halimi, journaliste au Monde Diplomatique

Pour le reste, je serai au Village du Livre

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Sortie aujourd’hui de mon « Dictionnaire presque optimiste de

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Sondages : effet convention pour Obama

Alors que le vote anticipé a commencé dans de nombreux Etats et que les chiffres du chômage avaient assombri le week-end de l’équipe de campagne de Barack Obama, une bonne nouvelle est venu éclaircir son ciel nuageux : une remontée franche et nette dans les sondages. Cela s’appelle l’ « effet convention». Pour Mitt Romney, il a été nul ou presque, certains instituts ayant mesuré un léger frémissement (1% tout au plus). Pour le président sortant, les chiffres publiés dimanche indiquent au contraire un rebond significatif : il est désormais crédité de 49% des suffrages contre 44 ou 45% à son adversaire républicain.

Premier tournant de la campagne ? Cela y ressemble fort alors qu’avant même les conventions, Obama distançait Romney dans la course aux grands électeurs. Car le 6 novembre, c’est bien cela qui va compter. Or, même donné ex-aequo dans les sondages nationaux, le candidat démocrate possède un avantage, les Etats dans lesquels il est le grand favori étant les plus peuplés, donc également ceux qui offrent le plus grand nombre d’électeurs.

En fait, dans quarante des cinquante-et-un Etats, l’issue du scrutin ne fait guère de doute. Obama part avec un « matelas » de 221 grands électeurs (côte ouest et côte est) contre 191 à Romney (le Sud et les grandes plaines). Reste une dizaine d’Etats en compétition, les fameux « swing states », ces Etats indécis ou tangents. Ils recouvrent trois catégories :

–         Les Etats du Midwest (Michigan, Wisconsin, Iowa et surtout Ohio) pour 50 grands électeurs au total. Le vote de la classe ouvrière blanche y sera crucial. Barack Obama y avait réalisé des scores bien meilleurs que ceux de Kerry en 2004. L’équipe de campagne d’Obama met le paquet sur le « plan de sauvetage de l’automobile » décidé par le jeune président en 2009.

–         Les Etats où le vote des Latinos sera déterminant  (Floride, Colorado, Nevada) : 44 grands électeurs. Tous les yeux sont évidemment tournés vers la Floride (29 grands électeurs à elle seule), « swing state » par excellence depuis 2000. Les latinos représentent 15% de l’électorat. Le poids des Mexicains-Américains et des Porto-Ricains grandit tandis que celui des Cubains-Américains de Miami diminue. Autre voté clé : celui des « seniors » attachés au Medicare (programme de protection sociale pour les plus de 65 ans). Obama y était ce week-end et a revendiqué, comme jamais, peut-être, sa réforme dite Obamacare.

–         Les Etats du « nouveau Sud » (Virginie et Caroline du Nord) : 28 grands électeurs. Barack Obama avait enlevé les deux Etats en 2008. Ce sera forcément plus serré cette année dans ces deux Etats qui combinent depuis plus d’une décennie croissance démographique et dynamisme économique. La part des minorités dans l’électorat est importante, notamment celle des Africains-Américains.

Si l’on transformait à ce jour la photographie des sondages en résultat définitif, Barack Obama emporterait neuf des dix « swing states » et obtiendrait 332 grands électeurs (359 en 2008) contre 206 à Romney.

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Le programme « complexé » des démocrates

Il y a une semaine, les républicains, adoptaient au cours de leur convention de Tampa, un programme (https://presidentiellesamericaines.com/2012/08/29/romney-plus-a-droite-que-reagan-la-derive-du-parti-republicain/) de droite décomplexée. Ces jours-ci, les démocrates ont eux aussi élaboré une « plateforme ». Dans la rhétorique,  c’est une vision différente de celle des Républicains qui s’exprime. Dans la transposition en propositions concrètes, c’est un « mixte » beaucoup plus balancé et « centriste » qui ressort. Plus « complexé ». Comme si l’objectif principal de ces mesures était de ne pas trop prêter le flanc aux critiques républicaines. A titre d’exemple, la réforme dite du « card-check » pour faciliter la création d’un syndicat sur le lieu de travail, présente dans le projet de 2008 mais jamais appliquée, a carrément disparu cette année.

La soirée de mercredi soir en a fourni un autre exemple caricatural : la direction du parti a fait réintégrer dans la plateforme une mention à Dieu et une référence à Jérusalem, « capitale de l’Etat d’Israël » – toutes deux absentes dans la première mouture – alors que dans la salle, les « no » égalaient si ce n’est dominaient les « yes ». Le président de séance a ignoré le fait et considéré que les délégués avaient adopté… (voir la vidéo ci-dessus)

Pour le reste, voici :

 

Fiscalité : « juste part » et réductions d’impôts pour les sociétés

Le parti démocrate propose d’en finir avec les réductions massives d’impôts accordées aux plus riches par Bush en 2001 et 2003. Encore faudrait-il pour cela que non seulement Obama reste à la Maison Blanche mais que la Chambre des représentants vire démocrate. Il est également proposé de réformer le Code des impôts et de mettre fin aux exemptions et failles du système actuel. Comment sera utilisé l’argent récupéré ? Il financera des exemptions d’impôts pour les entreprises qui investissent et créent des emplois aux Etats-Unis. Donc, des niches fiscales pour les sociétés remplacent d’autres niches pour les sociétés.

Salaires: un “coup de pouce” au SMIC

On dirait presque une proposition française ! Celle de Barack Obama, non plus, n’est pas chiffrée. Le salaire minimum au niveau fédéral s’établit à 7,75 dollars par heure. Une coalition d’avocats progressistes, autour de Ralph Nader, l’ancien candidat à la présidentielle, propose de le porter à 10 dollars (ce qui, compte tenu de l’inflation, le ramènerait à son niveau de 1968). Deux parlementaires démocrates ont présenté un plan amenant ce SMIC américain à 9,80 dollars en trois ans. Il faudra donc attendre l’éventuelle réélection d’Obama pour en savoir plus.

Protection sociale : du net et du flou

Le chapitre sur la réduction des déficits ne comporte aucune mesure concernant Medicare (assurance-santé pour les plus de 65 ans) et la Social Security (le système de retraites). C’est une bonne nouvelle lorsque l’on sait que les démocrates étaient prêts à concéder de telles réductions lors du bras de fer, pendant l’été 2011, sur la dette engagé par les républicains du Congrès. Il y a pourtant un « flou » : il n’est affirmé, nulle part, que l’administration démocrate s’engage à protéger ces programmes de réductions y compris en dehors des mesures de réduction de la dette. Il est écrit : « Nous rejetons les approches selon lesquelles la réduction des prestations est la seule réponse ». Le mot « seule » fait évidemment toute la différence.

Société : du clair et de l’obscur

La plateforme rappelle le soutien sans failles des démocrates à l’arrêt Roe v Wade qui fait du droit à l’avortement un droit constitutionnel. Tout aussi clairement, le parti de Barack Obama, dans la foulée du président lui-même en mai dernier (http://www.humanite.fr/monde/obama-et-le-mariage-gay-un-risque-politique-pas-si-sur-496260) se prononce pour l’autorisation du mariage gay.

En revanche, la peine de mort n’est pas remise en cause. « Nous pensons que la peine de mort ne doit pas être arbitraire », peut-on lire, comme si le fait d’enlever la vie d’un être humain ne relevait justement pas, en soi, de l’arbitraire.

Concernant les armes à feu, l’interdiction des armes d’assaut masque mal un grand vide face à l’un des fléaux américains. Les démocrates reprennent même à leur compte la rengaine des lobbys selon laquelle le second amendement de la Constitution (rédigé juste après la guerre d’indépendance, au cours de laquelle le peuple des colons en armes a joué un rôle majeur) accorde un droit de port d’armes à titre individuel alors que les selon les défenseurs du contrôle des armes, il n’est constitutionnel qu’en tant que droit collectif.

Politique et argent : la promesse d’une digue

En 2010, la Cour Suprême a levé toute digue au financement privé des campagnes électorales. Depuis, l’argent déferle comme jamais sur la politique américaine. Le parti démocrate veut faire adopter un amendement constitutionnel qui en finirait avec cet arrêt. Il faut dire que cette session de collecte 2012 s’annonce moyenne pour le président sortant alors qu’en 2008 il avait pu dépenser deux fois plus d’argent que son adversaire républicain, John McCain (735 millions de dollars contre 368). Wall Street qui avait misé sur Obama en 2008 ont reporté leurs dons sur Romney cette année.Image

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Dans une semaine, publication de mon « Dictionnaire presque optimiste des Etats-Unis »

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Pourquoi Barack courtise Charlotte…

ImageLes choix des villes accueillant les conventions ne relèvent ni du jeu de hasard ni de celui des fléchettes. Le parti républicain a opté pour Tampa, la semaine dernière, pour tenter de faire bouger les lignes en Floride, Etat « faiseur de rois » depuis une décennie, où la « bascule » risque de se faire dans le corridor Orlando-Tampa, le plus dynamique démographiquement ces dernières années. Même objectif pour le parti démocrate avec sa convention qui s’ouvre ce soir à Charlotte, la plus grande ville de Caroline du Nord, dixième Etat le plus peuplé du pays avec ses quinze grands électeurs (soit presque autant que le Michigan) qui peut s’avérer décisif le 6 novembre. En 2008, Barack Obama avait été le premier démocrate depuis Jimmy Carter, en 1976, à empocher la Caroline du Nord, avec 0,32% d’avance sur John McCain. Les sondages accordent actuellement deux points d’avance à Mitt Romney. Certains analystes démocrates avancent que si la convention de cette semaine ne créé pas un frémissement en faveur du président sortant, il faudra délaisser cet Etat pour concentrer ses forces dans d’autres Etats. D’autres insistent sur le fait que le coup est jouable. Ils s’appuient pour cela sur la démographie. La Caroline du Nord est passée de 8 millions d’habitants en 2000 à 9,5 millions en 2010. Ce dynamisme repose notamment sur les « minorités » puisque 61% des nouveaux habitants de la décennie passée en sont issus. Déjà importante dans cet Etat du Sud, la population africaine-américaine ne cesse d’augmenter pour représenter aujourd’hui 22% de la population totale. De nombreux noirs quittent les grandes métropoles du Nord et du Midwest, devenues trop chères à habiter, pour s’installer dans des villes moyennes mais dynamiques économiquement. Avec la Virginie et la Georgie, la Caroline du Nord fait partie du peloton de tête des Etats bénéficiaires. Parallèlement, la part des Latinos augmente : 8,6% aujourd’hui. Ces deux électorats sont favorables au camp démocrate.

Selon une enquête réalisée par un institut proche des démocrates, Romney obtient 54% contre 41% parmi les électeurs qui résident dans l’Etat depuis plus de trente ans. Mais Obama prend l’avantage (58-37) chez les autres avec une pointe à 66-27 pour ceux qui sont arrivés depuis l’an 2000. L’enjeu pour le camp démocrate sera donc de mobiliser, de combattre l’abstention. De ce point de vue, la Caroline du Nord apparaît comme un « banc d’essai » d’une stratégie nationale.

Mais en choisissant Charlotte, le président sortant s’est fâché avec une partie des syndicats, soutiens traditionnels du parti démocrate. « Je suis déçu par le fait que non seulement les démocrates aient choisi la Caroline (l’un des Etats où le taux de syndicalisation est le plus faible dans le pays, NDLR) mais qu’en plus ils ne nous ait pas parlé. C’est la première fois que cela arrive depuis des années”, a regretté Ed Hill said Hill, président de l’International Brotherhood of Electrical Workers union (675 000 membres) qui n’assistera pas à la convention démocrate. Une contradiction de plus à affronter pour le président sortant.

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