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Cristallisation et « momentum »: Biden et Sanders

A deux semaines du premier vote dans l’Iowa, les deux candidats se détachent ; reflétant la division du parti démocrate entre son establishment centriste et son aile gauche (article publié sur le site humanite.fr le 20 janvier).

Ca y est, on peut commencer à lire, non dans le marc de café, mais dans la cristallisation des chiffres, statistiques et ventilations. Cristallisation : le mot-fétiche des sondeurs français pour décrire un moment politique où les tendances, après avoir varié, se stabilisent : des courbes nettes et claires en remplacement de zigs et de zags. D’une sorte d’état gazeux, les chiffres prennent une forme solide. A deux semaines du premier vote dans l’Iowa (3 février), c’est manifestement cette phase qui s’est ouverte si l’on s’en tient aux enquêtes et sondages parus depuis le début de l’année.

A quoi ressemble ce paysage cristallisé ? Pour faire court, un duel Biden-Sanders s’annonce. Les sondages nationaux donnent une moyenne de huit points d’avance à l’ancien vice-président de Barack Obama (28%) sur le sénateur du Vermont (20%). Elizabeth Warren (15%) et Pete Buttigieg 8%) suivent. Le dernier sondage paru, Survey USA, lui accorde même une avance de onze points (32 contre 21). Mais, ils sont en partie trompeurs car cette course d’escalade vers le sommet de l’investiture démocrate qui se conclura en juillet à Milwaukee se joue, étape par étape. Un piton mal planté pour l’un des candidats peut s’avérer dommageable voire fatal. Avant le Super Tuesday du 3 mars, au cours duquel quinze Etats (dont la Californie) vont se prononcer, les quatre premiers votes sont cruciaux, d’autant qu’ils se déroulent dans des parties différentes du pays avec des enjeux différenciés de mobilisation des électorats : en Iowa (Midwest) et dans le New Hamsphire (Nord-est), les électeurs sont ultra-majoritairement blancs, dans le Nevada (Ouest) entre en piste la composante latino puis en Caroline du Sud (Sud), c’est le vote africain-américain, si précieux pour chaque candidat démocrate à la présidence, qui fera la différence.

Comme dans une course de sprint, prendre la corde est souvent essentiel. Et cela se joue entre Iowa et New Hampshire, au cours du premier caucus et de première primaire (1). La « photographie » du moment : Biden et Sanders au coude à coude dans le premier juste devant Buttigieg et Warren, Sanders légèrement devant dans le second. Si l’on s’en tient aux « projections » du site 538, grand spécialiste des données statistiques (pour ce que cela peut valoir en politique…), Biden et Sanders sortiraient du premier round avec chacun deux victoires : Iowa et Caroline du Sud pour le premier, New Hamsphire et Nevada pour le second. Si Buttigieg et, surtout, Warren n’affichent aucune victoire au sortir du 1er round, le chemin vers la nomination s’annonce quasiment impossible. Et puisque l’on est en au « turfisme » politique, voici les calculs finaux de ce même site : 1552 délégués pour Biden, 1073 pour Sanders, 676 pour Warren et 499 pour Buttigieg avec une majorité à 1990. Tout cela sera forcément bousculé par le Saint-Graal des campagnes électorales américaines : le « momentum », cette dynamique qui souffle dans les voiles d’un candidat jusqu’à la victoire (Obama 2008) ou commence à rebattre sur le long terme les cartes (Sanders 2016). Et ça, aucun « pollster » ou « singe savant » de la statistique politique ne peut le prédire. D’autant que le procès de destitution de Trump qui s’ouvre cette semaine au Sénat va empêcher les sénateurs Sanders et Warren de faire campagne et mettre en lumière, indirectement, Joe Biden.

 

  • (1) Un caucus est un processus extrêmement complexe, où, au cours de milliers de réunions dans l’Etat, les participants disent leur soutien à tel candidat puis se rallient à d’autres, tour après tour. Dans une élection primaire, il y a un vote secret. La primaire peut être ouverte (tous les électeurs peuvent y participer), semi-fermée (seuls les démocrates et indépendants enregistrés en tant que tels auprès des bureaux électoraux des Etats sont acceptés pour la primaire démocrate, s’entend. C’est le cas du New Hampshire) ou fermées (les démocrates enregistrés sont les seuls habilités à voter)

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Axe Warren-Sanders : le début de la fin?

Le débat qui s’est déroulé mardi soir à Des Moines (Iowa) a marqué les premières escarmouches entre les deux figures de la gauche américaine (Article publié sur le site web de l’Humanité le 15 janvier 2015).

Il y a deux semaines, Alexandria Ocasio-Cortez avait, une nouvelle fois, provoqué la colère du microcosme démocrate par une de ses formules dont elle a le sens. Face à un journaliste du New York Magazine qui l’interrogeait sur sa façon d’envisager une présidence Biden, la plus jeune élue de l’Histoire du Congrès a lâché : « Oh, mon dieu. Dans n’importe quel pays, Joe Biden et moi ne serions pas dans le même parti, mais en Amérique, nous le sommes. » Sa sortie, manifestement pas calculée, a évidemment déclenché les foudres de l’establishment démocrate, au nom de la nécessaire unité pour battre Donald Trump. De manière théorique, la députée qui se revendique du socialisme démocratique n’a pas tout à fait tort et, en France, il est évident que l’ancien vice-président de Barack Obama et elle ne paieraient pas leur cotisation à la même organisation. En Grande-Bretagne, cependant, ils pourraient tous deux être membres du Labour. Mais, au-delà de ce débat de science-politique, « AOC » a pointé un élément politique central : les divisions idéologiques – « irréconciliables » ou pas, c’est un autre débat – entre la frange centriste du parti démocrate et l’aile gauche, qui sont apparues nettement lors de chacun des six débats organisés depuis juin dernier. Même si le curseur global a évolué vers la gauche ces dix dernières années, la ligne de fracture était évidente entre le centrisme (en France, on dirait « social libéralisme »), version Biden, et l’aile gauche incarnée par Elizabeth Warren et Bernie Sanders sur tous les grands sujets.

Le septième débat, qui s’est tenu mardi soir, n’a pas infirmé ces divergences mais il a apporté un élément nouveau : les premières dissensions dans l’axe progressiste. Le pacte de non-agression tacitement passé entre les deux sénateurs n’a pas vraiment volé en éclats mais une première et très visible fissure est apparue. A trois semaines du premier vote dans l’Iowa (le débat se déroulait d’ailleurs à Des Moines, la capitale de l’Etat), Elizabeth Warren a visé assez directement Bernie Sanders. La tension était montée ces derniers jours suite à la révélation d’un « mémo » interne à la campagne de Sanders détaillant les arguments à développer auprès des électeurs tentés par Elizabeth Warren. Bernie n’a pas contesté l’existence de ce texte mais en a imputé la responsabilité à une initiative personnelle d’un « staffer ».

Sur la scène de la Drake University, Warren a insisté, suspectant Sanders d’avoir déclaré en privé qu’une femme ne pouvait pas battre Donald Trump. Peu porté sur confrontation personnelle (c’est un euphémisme), le challenger d’Hillary Clinton en 2016 a nié et argumenté de façon assez convaincante sur le fond mais a semblé mal à l’aise sur la forme. L’offensive de la sénatrice du Massachussetts doit évidemment beaucoup à la tactique : sa percée de la fin de l’été qui la plaçait en tête des sondages n’a finalement été qu’éphémère. Les « pollsters » (spécialistes des sondages) et observateurs évoquent plutôt désormais un duel final Biden-Sanders. On sait que les deux premiers votes (Iowa, donc, le 3 février puis New Hamsphire, le 11) donnent le « la » et créent ou brisent des dynamiques. Pour l’instant, la sénatrice n’est jamais donnée dans le duo de tête. Son nouvel argument tient en sa capacité à faire l’unité du parti, à être le lien entre ces deux pôles. Sous-texte : Bernie est trop diviseur. Cette nouvelle approche s’est matérialisée lors du débat de mardi sur la question du nouvel accord d’ALENA proposé par Trump. Sanders estime que la Chambre des représentants ne devrait pas le voter car il ne comporte que de « modestes » améliorations. Warren a, au contraire, défendu l’idée de le soutenir car justement il comporte des améliorations même modestes.

Le « plan » des stratèges de Sanders – deux campagnes parallèles qui se rejoignent lors de la convention de Milwaukee en juillet – qui semblait si séduisant sur le papier est écorné. Pas encore déchiré, pour autant.

 

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Bernie Sanders, leader de la collecte de fonds: en quoi cela importe

A moins d’un mois du premier vote, la campagne du sénateur socialiste ne manque pas de carburant financier, ce qui lui permet de se déployer dans les deux premiers Etats qui voteront dans un mois : l’Iowa et le New Hampshire. (Article publié sur humanite.fr le 06 janvier 2019 dans le cadre de ma chronique sur l’élection présidentielle).

A un mois du premier vote dans le cadre de la primaire du parti démocrate (dans l’Iowa le 3 février), équipes de campagne et observateurs attendaient les premiers sondages de la rentrée. Mais d’autres chiffres publiés durant le week-end ont clairement dessiné les tendances et dynamiques : elles portent sur l’argent collecté par les candidats durant le quatrième trimestre de l’année. C’est Bernie Sanders qui arrive en tête avec 34,5 millions de dollars devant Pete Buttigieg (24,3 millions), Joe Biden (22,7 millions) et Elizabeth Warren (21,2). Jamais, depuis le début de la campagne il y a un an, un prétendant à l’investiture démocrate n’avait levé une telle somme en un trimestre. Cela porte le montant total du pactole du sénateur du Vermont à près de 100 millions de dollars.

Mais, en quoi finalement, ces chiffres sont-ils importants ?

Ils illustrent d’abord un enthousiasme constant si ce n’est ascendant pour la candidature de Sanders, que l’on avait pu penser grippée par son infarctus début octobre. Plus que la somme collectée, c’est le nombre de donateurs qui importe : 900.000 pour le mois de décembre. Soit une base de « donateurs » infiniment plus large que les autres candidats. Partant du principe que les électeurs qui versent à la campagne sont extrêmement motivés, on peut estimer, sans grand risque de se méprendre, qu’ils constitueront aussi des relais auprès de leurs amis, collègues ou membres de la famille. Ces chiffres montrent également que les donateurs centristes ont un penchant de plus en plus avéré pour Pete Buttigieg, 37 ans, maire de South Bend, une ville moyenne du Midwest, que pour le favori de l’establishment, Joe Biden.

Ces données sonnantes et trébuchantes sont cohérentes avec les éléments du dernier sondage publié par la chaîne CBS News : Bernier Sanders est donné 1er ex-aequo (avec Joe Biden et Pete Buttigieg) dans l’Iowa  et en tête dans le New Hampshire devant l’ancien vice-président. L’étoile d’Elizabeth Warren – au firmament des enquêtes d’opinion vers la fin de l’été – semble de plus en plus pâlir. Le vote dans les deux premiers Etats est crucial car il donne le « tempo ». Un candidat qui remporterait les deux premières manches serait incontestablement renforcé dans la perspective du Super Tuesday (une quinzaine d’Etats, dont la Californie, votent le 3 mars.)

Et c’est ici que l’on retrouve l’importance de l’argent collecté et… dépensé. Plus que ses concurrents, Bernie Sanders est en capacité de déployer une organisation dans chacun de ses Etats avec l’ouverture de bureaux dans les moindres recoins et l’embauche d’ « organizers » encadrant efficacement les militants et bénévoles, garantie de pouvoir entrer en contact direct avec un maximum d’électeurs.

 

 

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Primaires du parti démocrate: c’est parti!

(Article publié dans l’Humanité du 2 janvier 2019)

La déclaration de candidature d’Elizabeth Warren, figure de l’aile progressiste, a donné le coup d’envoi à la course à l’investiture démocrate. D’autres déclarations vont suivre dans les prochaines semaines dont certainement celle de Bernie Sanders.

La course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle qui se tiendra le mardi 3 novembre 2020 a commencé alors que 2018 n’était pas encore terminée. La sénatrice Elizabeth Warren a annoncé, lundi, le lancement d’un comité exploratoire qui ne laisse aucun doute quant à son intention de se présenter. Agée de 69 ans, sénatrice du Massachussetts depuis 2013, elle a posté une vidéo dans laquelle elle a développé ce qui sera, à n’en pas douter, l’axe central de sa campagne. « La classe moyenne américaine est la cible d’une attaque », a-t-elle lancé. Comment en sommes-nous arrivés là? Les milliardaires et les grandes sociétés ont décidé qu’ils voulaient une plus grande partie du gâteau et ont chargé la classe politique de leur en couper une plus importante ».

L’ancienne professeur de droit à Harvard a, de longue date, mené un combat contre Wall Street. En 2008, Barack Obama l’avait nommée à la tête du comité de suivi de l’immense plan de sauvetage voté après le krach, veillant à l’utilisation des fonds publics par les « big players ». En 2010, elle est devenue présidente d’une nouvelle agence de protection des consommateurs, cauchemar des milieux d’affaires et des entreprises peu scrupuleuses. Ce n’est que deux ans plus tard qu’elle se lance dans l’arène électorale et devient sénatrice. En 2016, nombre de militants et responsables progressistes et de gauche l’avaient invitée à se déclarer candidate. Face à sa fin de non-recevoir, une immense majorité avait alors rejoint Bernie Sanders. Elisabeth Warren s’est d’ailleurs fendue d’un coup de fil à son collègue sénateur afin de lui livrer, en avant-première, ses intentions. Y aura-t-il concurrence entre les deux figures dominantes de la gauche américaine ? Dès octobre, Bhaskar Sunkara, rédacteur-en-chef du magazine Jacobin, livrait son opinion dans une tribune publiée par The Guardian, sur ce « duel » : « Les deux ne sont pas les mêmes et bien que Warren est une alliée de nombre de causes progressistes, la meilleure chance que nous avons non pas seulement de construire de meilleures politiques, mais reconfigurer la politique américaine repose dans la candidature de Sanders à l’investiture démocrate puis à la présidence. »

Bernie Sanders dispose de l’expérience de sa campagne de 2016, d’une popularité toujours au diapason, et d’une force militante unique. Seul son âge (77 ans) peut l’empêcher d’envisager la primaire comme une «voie royale. » Le chemin est encore long avant le premier vote qui n’interviendra qu’en février 2020 dans le New Hampshire. D’ici là, cette campagne ultra-précoce aura permis de décanter une situation qui verra sans doute s’affronter plus d’une dizaine de candidats. Avec le tempo imposé par Warren, d’autres concurrents vont sans doute hâter leur entrée en piste. La mode de la saison des primaires semble être au sénateur. Trois d’entre eux sont donnés partants : Kamala Harris (54 ans, Californie), Kirsten Gillibrand (52 ans, New York) et Cory Booker (49 ans, New Jersey). La candidature de l’ancien vice-président Joe Biden (76 ans) pourrait s’avérer décisive dans la clarification. Il serait susceptible d’unifier l’establishment clintono-obamien qui tient le parti démocrate depuis près de 25 ans. Face à lui, l’« aile gauche » pourrait alors aussi s’unifier. Derrière Warren ou Sanders ?

 

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Pourquoi la jeunesse américaine préfère le socialisme

(Article publié dans l’Humanité Dimanche daté du 18 au 24 janvier. Il est accompagné, dans le magazine, par quatre portraits de jeunes socialistes, intellectuels ou élus)

Le socialisme dispose-t-il d’un avenir radieux… aux Etats-Unis ? La question est provocante mais pas inepte. En tout cas, ce système est plus populaire que le capitalisme dans un pays qui s’appelle l’Amérique des millennials. Un pays de 80 millions d’habitants. Un pays partiel mais réel. Les « Millennials », c’est le nom de baptême donné à la génération qui est née à partir de 1982 et qui a donc commencé à atteindre l’âge de la majorité au début du nouveau millénaire. « Chaque génération est un nouveau pays », constatait Tocqueville. Et que veut ce « nouveau pays » des Millennials ? Une étude rendue publique en novembre dernier par la société YouGov nous éclaire : 44% des moins de 35 ans préféreraient vivre dans une société socialiste contre 42% dans une société capitaliste et 7% dans une société communiste. Ironie : cette enquête a été commandée par l’association anti-communiste « Victims of Communism Memorial Foundation » Celle-ci trouve les résultats « profondément inquiétants ».

Comment, en une génération, le pays est-il passé du « mot en S » (le « S-word »), ce socialisme que l’on ne pouvait nommer car infamant, à popularité croissante parmi la jeunesse? La réponse se trouve en partie dans la réponse : « en une génération »… Les jeunes gens interviewés jouaient encore aux billes ou n’étaient même pas nés au moment de la chute du mur de Berlin. « Les gens n’associent plus le socialisme aux dictatures en URSS et en Chine », pointe dans un entretien à l’AFP Cathy Schneider, professeur à l’American University de Washington.

Les « Millennials » ont grandi dans un contexte politique de capitalisme triomphant et…défaillant. Car la crise de 2008 constitue l’autre élément structurant du « basculement ». Ils sont les premiers enfants du krach. Nombre d’entre eux, parmi les plus âgés et donc en situation professionnelle active, ont dû retourner vivre chez leurs parents, ce qui leur a valu le surnom passager de « génération boomerang ». Pour les plus jeunes de la génération, la plus diplômée de l’histoire du pays, le « krach » et la « reprise » ont en partie démonétisé la valeur de leur diplôme souvent obtenu au prix d’un endettement colossal (plusieurs dizaines de milliers de dollars par étudiant en moyenne). A qualification égale, les emplois créés sont largement moins rémunérateurs que ceux détruits.

 

Délesté de l’expérience soviétique, le socialisme apparaît donc comme « une alternative au capitalisme sauvage à l’américaine qui, pour les jeunes, vaut le coup d’être exploré», selon John Mason, professeur de sciences-politiques à l’Université William Patterson. Mais qu’entendent-ils par socialisme ? Le sondage YouGov cité a donné aux personnes interrogées des définitions de chacun des mots soumis à leur approbation et réprobation. Il en ressort « une grande confusion » entre les définitions de socialisme et de communisme, selon l’organisation anticommuniste à la manœuvre qui veut y voir la preuve que les jeunes ne savent pas de quoi il relève. Pour 31% des Millennials, la « propriété collective des moyens de production » relève du communisme, mais pour 32% il s’agit de socialisme. Tandis que la « propriété sociale et d’Etat » est assimilée au socialisme pour 34% et au communisme pour 29%. Au final, quand les jeunes Américains disent privilégier la vie dans une société socialiste, ils entendent aussi bien l’Etat-Providence qu’une forme de collectivisation. La « confusion » se solde par un rapport encore plus « radical » à la nécessité de changement.

« Bernie Sanders n’a pas poussé la jeunesse vers le socialisme. Ils y étaient déjà », analyse Harold Meyerson, éditorialiste au magazine « The American Prospect ». En d’autres termes, le renouvellement générationnel a été le combustible de la dynamique Sanders. Celle-ci avait d’abord été promise, par nombre de commentateurs, à une extinction rapide avant d’être ramenée à une « simple » tentative de mettre en œuvre une forme d’Etat social-démocrate à la scandinave. Comme si promouvoir une sécurité sociale universelle, rendre gratuite l’accès aux universités publiques, doubler le SMIC fédéral pour le porter à 15 dollars, réglementer un Wall Street insolent, pouvait être de même nature, en termes de projet politique, dans l’Amérique super-inégalitaire du turbo-capitalisme que dans la Suède post-seconde guerre mondiale. A se tromper d’époque et de contexte…

Le plus radical dans le projet de Sanders dépasse pourtant ces seuls points programmatiques. Il tient en la « révolution politique » qu’il propose : nous ne changerons la société, dit-il en substance, que si nous créons un mouvement qui implique des millions de personnes. La clé du changement a été décliné en un mot d’ordre : « UsNotMe » (Nous pas Moi).

C’est ce sens de l’action politique collective qui se décline un peu partout dans le pays. Au-delà des enquêtes d’opinion, la réalité de la société est modifiée par des militants et élus dont la conception du socialisme peut en effet varier du communisme originel à une social-démocratie ancestrale.

Pour la première fois depuis les années 20, des socialistes proclamés sont élus au suffrage universel , du conseil municipal au conseil d’école, du Minnesota au Maine. Ils s’appuient tous sur des mouvements organisés à la base plutôt que sur des appareils constitués. Un peu à la façon de Sanders lui-même prenant, en 1981, la mairie de Burlington (Vermont) aux démocrates hégémoniques.

Une organisation cristallise ce regain des idées socialistes : DSA (democratic socialists of America). Son emblème : deux mains (une blanche et une noire) solidaires surmontées d’une rose. Depuis l’élection de Donald Trump, son nombre d’adhérents est passé de 6500 à 30000 tandis que l’âge moyen a baissé de 60 à 35 ans. La direction de DSA évoque même un « baby boom socialiste ». «Les Etats-Unis peuvent être tout à coup devenu le foyer de millions de socialistes, mais il manque encore un mouvement socialiste », tempère Harold Meyerson. Il y a des socialistes mais pas encore de socialisme. Et 110 ans après, l’œuvre du sociologue allemand, Werner Sombart, « Pourquoi n’y a-t-il pas de socialisme aux Etats-Unis ?», pas encore tout à fait démenti.

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La « génération Sanders » à l’assaut du parti démocrate

(Article publié dans l’Humanité du 10 avril 2017)

Emily, Joe, Amanda et Abdul : témoignages de quatre « Millennials » progressistes qui soutiennent le sénateur du Vermont et s’engagent dans la bataille pour l’orientation de l’organisation politique déroutée par la défaite d’Hillary Clinton. 

Elle ne peut pas encore voter mais elle exerce déjà ses droits de citoyenne. A 17 ans et demi, elle est même l’une des plus jeunes responsables politiques du pays. Il y a quelques semaines, Emily Provencio a été élue vice-présidente adjointe du parti démocrate pour le 4e district législatif (l’équivalent d’un canton) de l’Etat de Washington, autour de Spokane, à l’extrémité nord-ouest du pays. Comme de nombreux « millennials » (ces jeunes nés entre 1982 et 2000), à travers le pays, elle se veut plus progressiste et plus radicale que la génération de ses parents et elle s’engage dans la bataille pour l’âme du parti démocrate. Et comme une immense majorité de ces jeunes nés entre 1982 et 2000, elle a soutenu Bernie Sanders pendant le processus des primaires. Il y a un an, la chose publique l’intéressait déjà : son bac en poche, elle s’apprêtait alors à rentrer à l’Eastern Washington University pour un cursus de sciences politiques, option communication. Mais de l’étude à l’engagement, il y avait encore un gouffre dans son esprit. « A ce moment-là, j’étais l’une des personnes les plus introverties que vous puissiez rencontrer », se remémore la jeune femme. Mais ça, c’était avant… Avant d’entendre, en août 2016, un discours du sénateur du Vermont. Puis, Emily s’est lancée dans la campagne, a appris à prendre la parole en public, participé au caucus de l’Etat de Washington gagné haut la main par l’outsider socialiste. Après la défaite de « Bernie » lors des primaires puis d’Hillary Clinton lors de l’élection générale, certains militants radicaux ont invité les « Berniecrats » à un « DemExit », une sortie du parti démocrate. Emily et des milliers d’autres ont répondu par un « DemEnter ».

Joe Barkovich fait également partie de la troupe. Nous l’avions rencontré, lycéen, dans le New Hampshire lors de la primaire remportée par Bernie Sanders. Il est désormais en première année de fac au Carleton College de Northfield, dans le Minnesota où il suit un double cursus : maths et théâtre. Un troisième aussi, de fait : politique… Après un moment de stupeur, Joe et son physique de poupin mal coiffé a repris les rênes de l’activisme. Cela a commencé par un trajet en bus de 24 heures pour rejoindre Washington lors de la marche des femmes, organisée la veille de l’investiture de Donald Trump.  Sur le campus, il est l’un des chevilles ouvrières du club « Carls for democratic society », affilié au parti démocrate. « On fait du démarchage téléphonique, des porte à porte. On organise des débats. » Son ambition : « Construire une gauche progressiste, en s’appuyant sur le message de Sanders, une réforme du système de primaire puis une stratégie politique à l’ensemble du pays. »

1500 kilomètres plus au sud, Amanda Vollner, née en 1983, l’une des premières millennials du pays, veut participer du même mouvement. Elle a pourtant la dent très dure contre l’appareil démocrate et la candidate qu’il a favorisée. « Je ne voterai jamais pour cette vendue au capital, cette corrompue, cette fauteuse de guerre, cette menteuse invétérée. Jamais», nous déclarait-elle en septembre 2016. Le 22 mars derniers, Amanda a été élue présidente du parti démocrate dans le comté de Beckham. Le bureau est complété par quatre autres « pro-Bernie ». Le 22 avril, elle se présente aux suffrages des démocrates de la circonscription – une autre fonction élective de poids qui lui permettrait d’appartenir au comité central du parti démocrate de l’Etat. Objectif : faire basculer l’Oklahoma, dans le camp pro-Sanders, lors de la convention du 20 mai.

Le même jour, se tiendra une convention du même type dans un Etat d’un tout autre poids : la Californie, l’Etat le plus peuplé et le plus progressiste (par ses législations et son rapport de forces électoral) du pays. Le mouvement pro-Sanders revendique une majorité des délégués élus, en mars dernier, comté par comté. Sa candidate au poste de « chairman » (président) se nomme Kimberly Ellis. Cette militante de la parité en politique serait la première africaine-américaine élue à ce poste.

Tout comme Abdul El-Sayed serait le premier gouverneur du Michigan dont la famille est originaire du Proche-Orient, d’Egypte plus précisément. Certes, il n’en est pas tout à fait là, ce jeune homme de 32 ans (encore un « millennial ») mais il a déjà lancé sa campagne. En 2018, le poste de gouverneur, détenu par les Républicains depuis 2010, sera soumis aux suffrages des électeurs dans cet Etat industriel qui a échappé à Hillary Clinton pour 10.000 voix. Lors des primaires démocrates, c’est Bernie Sanders qui l’avait emporté, à la surprise générale des experts et sondeurs. Le « docteur » El-Sayed compte bien déclencher la même vague d’enthousiasme. Etudiant brillant, professeur de santé publique (spécialité : inégalités face à la santé), il a redressé, à 30 ans, le département de santé de la ville de Detroit après la fin de sa mise sous tutelle pour banqueroute. De cette ville sinistrée après avoir été la capitale économique du pays, il veut faire l’épicentre de la reconquête progressiste. Pour ce renouveau, il affirme vouloir s’appuyer sur la nouvelle génération. Les millennials, of course…

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La bataille pour le SMIC à 15 dollars hisse les salaires vers le haut

 

(Article publié dans l’Humanité du 5 avril 2017)

Les rémunérations des salariés les moins bien payés ont enregistré une progression inédite de plus de 5% en 2016 dans les Etats où les mobilisations sociales et politiques ont conduit à l’augmentation substantielle du salaire minimum.

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Après des décennies de creusement des inégalités aux Etats-Unis, un coup d’arrêt a-t-il été porté à la grande sécession sociale? Et l’une des raisons de ce changement tiendrait-il dans les luttes victorieuses des salariés, des syndicats et de certains élus pour l‘augmentation du SMIC ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sont les deux questions que pose un rapport récent de l’Economic Policy Institute, un think tank classé à gauche. Titré « L’état des salaires américains 2016 », cette étude met en lumière un fait inédit : « la croissance salariale en 2016 a été plus rapide pour les bas et moyens salaires que pour les plus hauts salaires. » Le « quintile » (cinquième) situé en bas de la pyramide salariale a enregistré entre 2015 et 2016 une augmentation nette de salaires de 6,4% contre moins de 2% pour le « quintile » supérieur. Depuis 2000, les salaires les plus élevés augmentaient toujours plus rapidement que ceux du bas de l’échelle, rappelle l’institut. Le changement n’a été constaté que sur une seule année. Il est donc bien trop récent pour annoncer une nouvelle tendance. L’étude  parle de « pause bienvenue ». Parmi les éléments explicatifs, elle avance « la reprise » qui « semble avoir touché une portion plus large des travailleurs américains. » Mais pas seulement…

Si l’on considère le dernier décile, soit les 10% des salaires les plus bas, l’augmentation des rémunérations a été de 2,9% dans l’ensemble du pays. Mais dans les Etats où des mesures ont été prises en faveur du salaire minimum, le « coup de pouce » est encore plus substantiel : 5,2%. Il bénéficie principalement aux femmes salariées, surreprésentées dans les emplois mal payés : leur paie a augmenté de 6,3% dans ces Etats contre 2,5% nationalement, contre respectivement 4,6% et 2,6% pour les hommes.

Fragiles, encore limités, et nettement insuffisants au regard de l’explosion des inégalités salariales, et encore plus de patrimoine (1% du pays détient 42% de la richesse nationale tandis que la moitié des ménages n’en possèdent que 2%), ces progrès n’en sont pas moins, selon David Rolf du syndicat SEIU 775 de Seattle,  « le résultat, d’années de mobilisation volontaire et déterminée de milliers de travailleurs courageux. Quand les salariés de fast food de Brooklyn à Seattle se mirent en grève (en 2012, NDLR) et les travailleurs de SeaTac (aéroport de Seattle, NDLR) imposèrent le premier référendum sur le salaire minimum à 15 dollars (en 2013), c’est exactement le genre de retournement économique qu’ils exigeaient. » Revendication syndicale, lancée en 2012, le salaire minimum à 15 dollars est devenu une réalité politique dans un « pays » de 60 millions d’habitants. La ville de Seattle a fait figure de pionnière, adoptant dès 2014 cette mesure portée par la conseillère municipale socialiste Kshama Sawant lors de sa campagne victorieuse en novembre 2013. David Rolf fut son alter égo syndical dans cette conquête. En 2016, ce sont les Etats de Californie et New York qui ont également mis le cap sur les « 15 dollars ». La montée vers ce nouveau standard est progressive, c’est dire si la moisson n’est pas encore arrivée à maturité.

A Seattle, par exemple, il se situe entre 11 (pour les PME qui fournissent une assurance-santé aux salariés) et 15 dollars (pour les gros employeurs sans couverture sociale). Une étude de l’Université de Washington, rendue public en juillet 2016, montrait que ces hausses du salaire minimum comptaient pour un tiers de l’augmentation des richesses dans la ville tout en permettant de réduire le chômage des moins qualifiés, contrairement à l’argumentation du patronat local qui prédisait un impact négatif sur l’emploi.

En novembre dernier, le même jour que le scrutin présidentiel, des augmentations substantielles du salaire minimum (entre +50% et +70% par rapport au minimum fédéral qui s’établit à 7,25 dollars) ont été adoptées par référendum, dans quatre Etats (Etat de Washington, Colorado, Arizona et Maine) comptant 20 millions d’habitants. D’autres statistiques indiquent que ces hausses salariales ont permis de faire reculer le taux de pauvreté. Mais, là encore, leurs effets pleins et entiers ne se feront pas sentir avant 2020.

 

 

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La candidate démocrate battue pas les propositions progressistes. La preuve…

(Articles publiés dans l’Humanité du 10 novembre)

C’est certainement le paradoxe ultime de ce scrutin: alors que la candidate officielle du parti démocrate a démobilisé sa base par ses éternelles « prudences », l’augmentation du salaire minimum, la légalisation de la marijuana et l’encadrement du port d’armes à feu ont remporté d’éclatantes victoires.

L’abstention frappe plus Clinton que Trump

Pour la cinquième fois de l’Histoire des Etats-Unis, un candidat est majoritaire en voix mais minoritaire en nombre de grands électeurs. Pour la première fois, il s’agit d’une femme. Après le démocrate-républicain Andrew Jackson en 1824, le démocrate sortant Samuel Tilden en 1876, le président démocrate sortant Grover Cleveland et le candidat démocrate Al Gore en 2000, Hillary Clinton rentre dans le cercle fermé des majoritaires-minoritaires. Trump est bel et bien président mais il ne pourra se targuer de disposer d’une majorité électorale. Il a même rassemblé moins d’électeurs (59,1) que ses devanciers républicains (61 pour Romney en 2012, 60 pour McCain en 2008 et 62 pour W. Bush en 2004). Maigre consolation pour ceux qui voulaient barrer la route du pouvoir au milliardaire nationaliste et xénophobe. « La seule façon pour Trump de gagner, c’est de faire une campagne dégueulasse et de décourager les électeurs de se déplacer », nous confiait, au printemps dernier, un stratège démocrate qui n’avait pas conscience, alors, de prédire ce qui allait précisément arriver.

Ce scrutin présidentiel a été marqué par le plus fort taux d’abstention depuis 2000. Peu surprenant lorsque l’on sait qu’il mettait aux prises les deux candidats les plus impopulaires de ces trente dernières années. A ce jeu de « qui perd gagne », Trump a mieux consolidé le bloc républicain que Clinton n’a pu le faire avec la « coalition d’Obama ». L’ancienne secrétaire d’Etat (59,3 millions de voix) enregistre un déficit de respectivement 10 et 5 millions de voix par rapport à Obama 2008 et 2012. Surtout, la perte n’est pas uniforme. C’est une véritable saignée à laquelle on a assisté dans les Etats de la « ceinture industrielle » du Midwest. Dans le Michigan, le Wisconsin et l’Ohio, elle perd entre 15 et 20% du score d’Obama en 2012. Ses électeurs traditionnels du parti démocrate ne sont pas passés avec armes et bagages chez Trump. Ils se sont retirés sur un aventin de l’abstention. Ils sont, dans leur majorité, membres de la classe ouvrière blanche, soumis à l’insécurité économique de la mondialisation-désindustrialisation. Pour une autre partie, ce sont des électeurs africains-américains des centre-villes moins enthousiastes que pour l’élection du premier président noir de l’Histoire. Des « électorats » que la campagne de Clinton considérait comme acquis. A titre d’exemple, la candidate n’a pas mis les pieds dans le Wisconsin depuis fin juillet, même pas pour soutenir Russ Feingold, en capacité de reprendre un siège de sénateur aux républicains. Il est vrai que l’ancien député est un proche de Bernie Sanders.

Perdue entre ses petits calculs politiciens et son appétence pour le « consensus », l’archifavorite a favorisé la désagrégation de la puissante coalition d’Obama qui s’est retrouvée pour partie dans la candidature Sanders. Le sondage « sortie des urnes » du New York Times quantifie ces petites pertes qui ont provoqué une immense défaite : -8 points chez les latinos, -7 chez les Africains-Américains, -5 points chez les moins de trente ans. Trump reproduit presque à l’identique les scores de ses prédécesseurs. Le « manque à gagner » démocrate se retrouve chez les candidats de troisième parti (Gary Johnson ou Jill Stein) voire dans l’abstention.

Voilà comment la future première femme présidente est devenue la cinquième de la liste des « victimes» du système des grands électeurs. Elle était certainement celle qui pouvait le plus s’en prémunir.

Référendums: victoires progressistes

 

Ce n’est pas tout à fait une victoire sur toute la ligne mais le nombre de succès surpasse celui des défaites. Autant des voix progressistes ont boudé la candidature d’Hillary Clinton, autant peu ont manqué à l’appel pour promouvoir des législations progressistes à travers le pays. Les référendums locaux constituent aussi une grille de lecture de l’état des Etats-Unis. Celui-ci est moins cauchemardesque que l’accession à la magistrature suprême de Donald Trump.

Grand vainqueur du cru 2016 : le salaire minimum qui réalise un grand chelem. En Arizona (59%), dans le Colorado (54%) et dans le Maine (55%), les électeurs ont décidé d’établir le salaire plancher à 12 dollars de l’heure, contre 7,5 au niveau fédéral. Dans l’Etat de Washington (60%), il passera à 13,5 dollars. Ces conquêtes dessinent un pays où le niveau du SMIC est décent. A Seattle et dans les Etats de Californie et de New York, la revendication d’un salaire minimum de 15 dollars – lancée par des salariés de fast food à New York en 2012 – est devenue la loi. Avec les votes de mardi, ce sont 20 millions d’habitants supplémentaires qui pourront disposer de cette avancée sociale dans un pays où les salaires ont dramatiquement stagné depuis le début des années 70. Dans le Dakota du Sud, c’est la tentative de créer un SMIC jeune inférieur au standard qui a été massivement rejeté par les électeurs (71%).

Deuxième « hit » de la démocratie référendaire: la légalisation de la marijuana. Son usage, à titre récréatif, n’est plus considéré comme un délit en Californie, le plus grand Etat du pays avec ses 40 millions d’habitants, dans le Massachussetts et dans le Nevada rejoignant ainsi le Colorado, l’Alaska, l’Etat de Washington et l’Oregon. L’usage, à titre médical, de la substance est autorisé en Floride, en Arkansas, dans le Montana et le Dakota du Nord.

Bloqué à Washington par la majorité républicaine au Congrès, l’encadrement restrictif du port d’armes a trouvé son chemin en Californie, dans le Nevada et dans l’Etat de Washington.

La Californie, devenue un véritable laboratoire progressiste, a également renforcé sa législation sur le contrôle des armes à feu et augmenté, de nouveau, l’impôt sur le revenu pour les plus riches. Le revers est cinglant, en revanche, pour les militants de l’abolition de la peine de mort. Non seulement, leur proposition a été repoussée à 55% mais un autre texte, appelant à la reprise des exécutions, a obtenu une courte majorité.

 

 

 

 

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