Archives mensuelles : août 2025

Zohran Mamdani, les adaptations d’un outsider devenu favori

A deux mois de l’élection municipale, le jeune élu socialiste de 33 ans prépare déjà son entrée en fonction, en faisant quelques concessions. Repli tactique ou début de renoncement ? (Article publié dans l’Humanité du 28 août 2025.)

Zohran Mamdani le savait : le chemin est moins parsemé de roses que d’embûches. Il ne se doutait pas qu’il aurait affaire à un tel niveau d’attaques. Alors qu’il se trouve à mi-chemin entre son éclatante victoire lors de la primaire démocrate et l’élection générale qui le conduira peut-être à l’hôtel de ville de New York, le jeune socialiste doit notamment affronter les virulentes charges de son ancien concurrent, Andrew Cuomo.

L’ancien secrétaire d’État a préféré se présenter comme indépendant plutôt que de prendre une retraite tout indiquée après une pareille défaite. Le candidat de l’establishment démocrate a ainsi accusé Zohran Mamdani d’être une « personne très riche » et d’occuper indûment un appartement à loyer contrôlé.

Lors d’une levée de fonds dans les Hamptons, très chic lieu de villégiature de la bourgeoisie new-yorkaise, l’ancien gouverneur de l’État a également assumé le fait de recevoir le soutien de Donald Trump. L’objectif est de barrer la route de la plus grande ville des États-Unis à un élu local, âgé de 33 ans et membre du DSA (Democratic Socialists of America), la principale organisation politique qui se réclame du socialisme démocratique. Andrew Cuomo n’est pas le seul agent de ce « tout sauf Mamdani ».

Cette première phase de la campagne ressemble même à une course-poursuite entre ceux qui prétendent au statut de meilleur rempart. Il faut y ajouter Eric Adams, le maire sortant, ancien démocrate qui se présente lui aussi en indépendant, et Curtis Silwa, figure du parti républicain local.

Paradoxalement, l’émiettement de l’opposition favorise la position de Zohran Mamdani. Selon les sondages, ce dernier échoue à franchir la barre des 50 %, mais il n’en distance pas moins ses adversaires. La dernière enquête Siena College le crédite de 46 % des suffrages contre 25 % pour Andrew Cuomo, 11 % pour Curtis Sliwa et 7 % pour Eric Adams.

Même avance en termes de collectes de dons, Zohran Mamdani ayant récolté un million de dollars entre le 12 juillet et le 18 août, contre 500 000 dollars pour Andrew Cuomo et 425 000 dollars pour Eric Adams. « Avec plus de 50 000 bénévoles, des milliers de petits donateurs et un enthousiasme sincère pour la vision de Zohran d’une ville de New York plus abordable, notre élan est en pleine expansion », s’est félicitée Dora Pekec, porte-parole de la campagne de Mamdani.

S’il fait fructifier son capital politique et organisationnel, le vainqueur surprise de la primaire démocrate a aussi tenté de déminer le terrain sur lequel il espère évoluer à partir du 4 novembre prochain. Trois épisodes ont été marquants de ce point de vue, soulevant autant de questions parmi une frange de ses soutiens.

Une fois élu, l’une de ses principales décisions portera sur le maintien ou pas à son poste de Jessica Tisch, commissaire du département de police (NYPD) et héritière d’une famille milliardaire, nommée par Eric Adams. Il n’a pas encore tranché, mais justement certains membres de sa coalition souhaiteraient qu’il annonce son remplacement.

Lors des primaires, il avait déjà renié son soutien au slogan « Defund the police » (définancer la police), né durant le mouvement de protestation suite à l’assassinat de George Floyd « Je ne vais pas définancer la police. Je vais travailler avec la police. »

À ce premier virage, a succédé un ajustement rhétorique qui n’est pas passé inaperçu. Après avoir subi le feu roulant des questions sur le slogan « Globalize the intifada », qu’il avait utilisé, il a finalement déconseillé son utilisation.

« En refusant de l’assumer, il entérine le cadrage de la droite, qui en a fait un épouvantail, décrypte l’universitaire Tristan Cabello, dans sa lettre The HypeCe choix ne remet pas en cause son engagement pour Gaza, mais il mine la confiance qu’une partie de la jeunesse militante avait placée en lui. Pour beaucoup de jeunes, notamment dans les collectifs étudiants et antiracistes, « Globalize the intifada » est devenu le cri de ralliement d’une génération. »

Autre point d’incompréhension pour certains : le jeune socialiste accusé d’être un « communiste » par Donald Trump a rencontré dès juillet les représentants du capital, de BlackRock à Goldman Sachs et de J. P. Morgan à Citibank. Rien de plus normal pour celui qui aspire à diriger la ville où ces groupes sont installés, mais cette rencontre a semé le trouble parmi sa base militante.

En l’état, Zohran Mamdani n’en a pas rabattu sur ses engagements de campagne, notamment sur l’augmentation des impôts pour les plus riches (la ville compte 384 000 millionnaires), qui permettra de financer la gratuité des transports ou le gel des loyers des logements sociaux.

Enfin, les relations de l’outsider avec le parti démocrate constituent la dernière source de questionnement. Le représentant du Queens à l’Assemblée de l’État cherche le soutien officiel d’élus très centristes, afin de légitimer sa candidature et ne laisser aucun espace à Andrew Cuomo.

Il est allé jusqu’à appeler Barack Obama, symbole de l’establishment et d’une présidence beaucoup moins transformatrice qu’espéré, au point de nourrir le soupçon de récupération. Normalisation ?

« J’y vois autre chose, au risque de paraître naïf, décrypte l’universitaire Tristan Cabello. L’establishment démocrate est en déroute, incapable de se relever du retour de Trump et du fiasco Harris. S’il tend la main à Mamdani, ce n’est pas forcément parce qu’il l’a ”domestiqué”, mais parce qu’il n’a plus personne d’autre. Mamdani, lui, en profite : il gagne en stature en acceptant le dialogue tout en affichant toujours son identité socialiste. Et il faut noter qu’une large partie du Parti démocrate continue de lui tourner le dos. »

À rebours du mantra « Vote blue no matter who » (voter bleu quelle que soit la personne), une partie de l’appareil démocrate rechigne en effet à se ranger derrière le vainqueur d’une primaire… démocrate. Hakeem Jeffries et Chuck Schumer, les leaders du parti au Congrès, ne lui ont toujours pas apporté leur soutien officiel. Au final, estime Tristan Cabello, « ces gestes ne sont pas forcément des trahisons. Ils sont le prix à payer pour transformer une victoire militante en conquête institutionnelle ».

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Droits de douane : le nouvel ordre de Trump

La guerre commerciale déclenchée par le président états-unien vise à redéfinir les règles collectives afin de restaurer une hégémonie contestée par l’émergence de nouvelles puissances, au premier rang desquelles la Chine. (Article publié dans l’Humanité dimanche du 21 août 2025.)

La guerre commerciale a commencé à l’heure. Jeudi 7 août 2025, à minuit et une minute, fuseau horaire de Washington D. C., Donald Trump a déclenché une salve d’augmentations de droits de douane comme le monde n’en avait pas vu depuis des décennies. L’offensive avait été annoncée le 2 avril dernier, à grand renfort de superlatifs et de tableaux, dans la roseraie de la Maison-Blanche. Le président de l’« America First » se donnait alors 90 jours pour conclure 90 accords. Il y en eut beaucoup moins. Les taux appliqués depuis trois semaines relèvent donc plus de la sanction que du « deal ». D’après l’université de Yale, le taux moyen des droits de douane imposés aux marchandises entrant sur le marché intérieur américain va se hisser à 20 %, selon les calculs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et du Fonds monétaire international (FMI), soit le plus haut niveau depuis 1910.

Le libre-échange unilatéraliste de Donald Trump

De la même manière que le président états-unien rejette le système de relations internationales multilatéraliste mis en place en 1945, notamment sous la houlette de son propre pays, il entend redéfinir les règles du commerce mondial édictées au début des années 1990, après la fin de la guerre froide. Dans les deux cas, il s’agit de dégager les États-Unis des contraintes collectives afin de rétablir une hégémonie contestée. En une formule, on pourrait résumer ainsi l’objectif de Trump : établir un libre-échange unilatéraliste, avec des barrières tarifaires pour les produits du monde importés aux États-Unis mais aucune pour les biens et services « made in USA ».

Le fondement de ce virage à 180 degrés réside dans un argument frelaté : les États-Unis auraient été « volés » par d’autres pays, qu’il s’agisse des alliés européens ou des rivaux chinois. Il s’appuie sur le sentiment de déclassement économique d’une partie de la population américaine, notamment de la base Maga (« Make American Great Again »), qui résulte plus de l’explosion des inégalités que de la réduction de la richesse totale produite. En effet, l’Amérique représente toujours un quart du PIB mondial, comme en 1980. Le décollage du Sud global ne s’est donc pas fait au détriment de la principale puissance économique mondiale. Mais le « narratif » du vol des richesses par les pays tiers permet à la droite trumpisée d’offrir un récit alternatif aux faits eux-mêmes : le pays a retrouvé ses niveaux d’inégalité des années 1920, soit avant les politiques de redistribution sociale du « New Deal ».

C’est d’ailleurs ce poids économique intact qui permet à Donald Trump d’imposer à des pays rendus vulnérables, car isolés, les termes d’un « deal » totalement déséquilibré. En s’affranchissant des règles communes de l’OMC, l’administration Trump peut négocier en position de force. Certains pays ont rapidement hissé le drapeau blanc à leurs dépens (Grande-Bretagne, Japon, Corée du Sud, Vietnam, entre autres). D’autres ont fait de la résistance passive et se sont vu infliger des surtaxes allant de 10 à 50 %. L’Europe disposait, elle, du poids économique pour engager le bras de fer mais a préféré renoncer. La Chine a, en revanche, assumé la confrontation, en répondant du tac au tac aux premières surtaxes. Les deux principales puissances mondiales ont, depuis, conclu une trêve jusqu’en novembre.

Inflation et recettes fiscales : la double conséquence aux États-Unis

Les droits de douane sont des impôts : prélevés sur les marchandises entrant sur le marché intérieur du pays qui les décide et collectés par le gouvernement. Leur hausse générale aura donc une double conséquence pour les États-Unis.

Tout d’abord, le coût des produits importés sera surenchéri, sauf si les entités importatrices décident de rogner sur leurs marges, ce qui est peu probable. Aux niveaux décrétés par Donald Trump, les effets indolores semblent impossibles. Un secteur en particulier risque de subir une inédite fièvre inflationniste : celui des médicaments, premier poste importateur des États-Unis. Or, Donald Trump a particulièrement visé les deux premiers exportateurs dans ce domaine : l’Inde (punie politiquement d’un taux de 50 % pour son achat de pétrole russe) et la Suisse (39 %). Le prix de nombreux médicaments va donc s’envoler dans un pays qui consacre déjà 18 % de son PIB aux dépenses de santé, un record mondial. Impôt par définition non progressif (le montant est le même pour un ouvrier ou un trader de Wall Street), les droits de douane vont donc frapper principalement les classes populaires mais aussi les classes moyennes. L’inflation s’est déjà accélérée ces dernières semaines.

Ensuite, la manne de ce type spécifique d’impôts va renflouer les caisses de l’État fédéral. Selon les données du Trésor américain, les droits de douane ont généré 152 milliards de dollars jusqu’en juillet, soit environ le double des 78 milliards de dollars enregistrés au cours de la même période de l’exercice fiscal précédent. Le « pactole » pourrait se monter à 2 000 milliards de dollars de recettes supplémentaires au cours de la prochaine décennie.

Les républicains vont pouvoir se racheter du crédit politique après avoir voté une loi budgétaire (« Big Beautiful Bill »), qui fait payer les diminutions d’impôts pour les plus riches par les coupes dans les dépenses sociales, notamment de santé. Le sénateur républicain du Missouri, Josh Hawley, a suggéré d’envoyer un chèque de 600 dollars à chaque Américain aux revenus modestes ou moyens, les mêmes qui seront les premières victimes de la loi budgétaire et des droits de douane.

Europe, la reddition au nom de la paix

La saignée n’a pas disparu avec le Moyen Âge. Elle conserve ses adeptes sans pour autant améliorer l’état général du malade. C’est sans doute avec délice que le président états-unien, constatant que l’Union européenne était consentante, a prescrit la thérapie fatale. Dans le cadre de l’accord commercial conclu fin juillet, l’Union européenne s’était engagée à investir 600 milliards de dollars supplémentaires aux États-Unis sur trois ans et à acheter 750 milliards de dollars d’énergie américaine. Au final, elle écope d’une surtaxe de 15 % au lieu des 30 promis initialement. Grand seigneur, Donald Trump prévenait toutefois, dès le 5 août, sur CNBC : si l’Europe n’investissait pas à la hauteur de ses engagements, « alors ils paieront des droits de douane de 35 % ». Et ce, alors même que la deuxième phase des négociations entre « partenaires » était toujours en cours. Par anticipation, les Européens avaient pourtant annoncé le jour même suspendre leurs représailles et rayer d’un trait de plume la liste des produits états-uniens taxés à hauteur de 93 milliards d’euros.

Trump a donc sans conteste profité de la faiblesse et de l’absence de souveraineté des Européens qu’on ne peut – à ce stade – plus vraiment qualifier du terme d’alliés mais plutôt de vassaux. Les Vingt-Sept avaient pourtant des cartes en main. L’Union, additionnée au Royaume-Uni, à la Norvège, à la Suisse et à l’Islande, pèse 18 % du PIB mondial, selon le Fonds monétaire international. En l’espèce, elle avait des arguments à faire valoir même si sa part dans l’économie mondiale a presque été divisée par deux depuis 2004. Problème, l’Europe a consenti à sa propre vulnérabilité en faisant des États-Unis son principal partenaire commercial (20,6 %, selon Eurostat) au lieu de diversifier ses échanges. La Chine a compris depuis plus d’une décennie qu’elle avait intérêt à réorienter son modèle de développement de l’exportation vers le marché intérieur pour hisser le niveau de vie. Ce n’est pas encore le cas de l’Europe pour qui le libre-échange et la concurrence libre et non faussée continuent de servir de tables de la loi.

L’UE sera-t-elle en mesure de proposer un contre-modèle – en clair une vision politique – qui la remette dans l’action et lave l’humiliation ? Rien n’est moins sûr. En l’absence d’autonomie commerciale, numérique et militaire, l’Europe s’est présentée sans armes au combat. Pis, au-delà de la capitulation et de l’initiative individuelle d’Ursula von der Leyen, les Vingt-Sept ont défendu des intérêts divergents dans cette affaire. Une défaite qui relègue un peu plus l’UE aux marges de l’Histoire telle qu’elle s’écrit.

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La guerre des droits de douane est déclarée

Quatre-vingt-dix pays, dont ceux de l’Union européenne, sont visés par les surtaxes à l’exportation. Les négociations se poursuivent avec la Chine, poids lourd qui conteste l’hégémonie états-unienne. (Article publié dans l’Humanité du 8 août 2025.)

Ceux qui déclenchent des guerres communiquent rarement le jour et l’heure du début de leur forfait. Pas Donald Trump qui avait annoncé la couleur : jeudi 7 août 2025 à minuit et une minute, à Washington D. C., il a déclenché un conflit commercial d’une ampleur inédite.

Plus de 90 pays se voient infliger des taxes à l’exportation, renchérissant ainsi le coût des produits qu’ils envoient sur le marché intérieur américain.

En lançant son offensive, le 2 avril, dans la roseraie de la Maison-Blanche, Donald Trump promettait de conclure « 90 accords en 90 jours ». Il n’en a finalement décroché qu’une poignée. Ce sont donc des sanctions plus que des « deals » qui sont entrées en œuvre.

La différence n’est pourtant que sémantique, puisque les accords conclus se sont systématiquement faits au détriment des autres pays. Donald Trump joue du poids de l’économie américaine (25 % du PIB mondial) pour imposer ses conditions : zéro taxe sur les produits américains exportés, de 10 à 50 %, selon les pays, pour les biens importés par les États-Unis.

Cette salve de hausse va établir le taux moyen des droits de douane à 18 %, soit le plus haut niveau depuis 1934, selon l’université de Yale. Pour Donald Trump, l’outil des « tarifs » a plusieurs fonctions. Il permet de redéfinir les règles du commerce mondial afin de les plier aux seuls intérêts des États-Unis. Le président de l’« America First » fragilise les partenaires économiques en les isolant.

Que pèsent le Vietnam ou la Suisse face au mastodonte économique américain ? Nous assistons à la fin du cycle de « libéralisation » ouvert après la fin de la guerre froide, mais pas forcément à celui du libre-échange. Donald Trump n’est pas opposé au principe : il est juste un libre-échangiste unilatéraliste qui renforce les barrières douanières pour les produits non américains mais les élimine pour les biens et services « made in USA ».

Le droit de douane est également transformé en arme politique. Le taux – actuellement plafond – de 50 % est appliqué en représailles au Brésil et à l’Inde. Le premier est visé pour l’enquête de la justice sur l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro comme pour le positionnement diplomatique global de Lula.

La seconde, pourtant dirigée par Narendra Modi, un nationaliste qui partage la vision du monde de Donald Trump, est prise pour cible car elle achète du pétrole à la Russie.

Il constitue enfin un moyen de contraindre à la relocalisation de productions. Le pari : les entreprises non américaines auront intérêt à produire sur le sol des États-Unis afin d’échapper à cette surtaxe. Les décisions de quelques groupes (du constructeur automobile coréen Hyundai à la multinationale états-unienne Apple) laissent augurer quelques succès en la matière. Suffisamment pour inverser une tendance à la désindustrialisation amorcée dès les années 1960 ?

À plus court terme, les effets risquent d’être néfastes pour les salariés américains. Comme le souligne le New York Times : « En conséquence, les prix ont commencé à grimper. Le dernier indice mensuel de l’inflation a montré que les appareils électroménagers, les vêtements et l’ameublement ont renchéri en juin. L’économie a connu une croissance, mais à un rythme anémique, et certains analystes prévoient peu d’amélioration pour le reste de l’année. Le marché du travail a connu ses propres tensions, avec un ralentissement marqué des embauches en juillet. »

Dans ce bras de fer engagé à l’échelle de la planète, le locataire de la Maison-Blanche a trouvé en Xi Jinping un compétiteur robuste. Lorsque le premier a annoncé, lors du fameux « jour de la libération », le 2 avril, une surtaxe de 145 % sur les produits chinois, le second a riposté avec 125 %.

La tension est depuis redescendue et avec elle les taux : ils s’établissent désormais à 30 %. Une trêve a momentanément été conclue entre les deux principales puissances économiques mondiales.

Elle expire le 12 août et les deux pays semblent d’accord pour la prolonger. Donald Trump ne peut se comporter avec la Chine comme avec n’importe quel autre pays : elle est le premier exportateur vers les États-Unis (20 % du volume global, soit 486 milliards de dollars, contre 13 % pour l’Union européenne) et dispose d’une unité politique qui fait défaut au Vieux Continent.

Dès avril, le pouvoir chinois a montré à l’autoproclamé roi du deal qu’elle disposait de cartes maîtresses dans son jeu, en annonçant des restrictions d’exportations sur sept métaux essentiels aux secteurs automobile et électronique. Cette guerre commerciale ne sera vraiment mondiale que si les deux géants économiques de la planète se livrent une confrontation directe.

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