L’insulte aux militaires décédés: le début de la fin pour Trump?

Alors que les sondages s’avèrent de plus en plus mauvais pour l’hôte de la Maison-Blanche, des révélations tombent en cascade sur sa façon d’être et de penser. « Il fera n’importe quoi pour l’emporter », prévient son ancien avocat. (Article publié dans l’Humanité du 7 septembre 2020.)

C’est une forme de manifestation qu’affectionnent les pro-Trump : en vrais « déclassés » de l’Amérique, ils montent à bord de leurs bateaux et défilent ensemble, sur un lac ou une rivière, drapeaux au vent, casquettes « Maga » (Make America Great Again) de capitaine du dimanche vissées sur la tête. Samedi, sur le lac Travis, au nord-ouest d’Austin (Texas), les choses ne se sont pas passées comme prévu et le bureau du shérif a reçu des appels de détresse en batterie. « Certains prenaient l’eau, d’autres étaient à l’arrêt, d’autres encore chaviraient… », a raconté Kristen Dark, sa porte-parole. On peut céder à l’allégorie facile : la campagne de Trump coule. Il est sans doute trop hardi (ou trop tôt) pour l’affirmer mais, depuis plusieurs jours, les mauvaises nouvelles succèdent aux révélations néfastes pour un président qui aborde la dernière ligne dans une situation de grande fragilité politique.

Jeudi, le magazine The Atlantic a publié une longue enquête dans laquelle plusieurs sources affirment que le président américain a qualifié de « losers » et « crétins » des soldats américains morts pendant la Première Guerre mondiale. En novembre 2018, afin de commémorer les cent ans de la fin de la Grande Guerre, Trump avait annulé son déplacement dans un cimetière américain près de Paris, prétextant que les conditions météorologiques ne permettaient pas à son hélicoptère de décoller. « Pourquoi devrais-je aller à ce cimetière ? C’est rempli de losers », aurait-il lancé à ses conseillers. Quant aux 1541 soldats américains morts pendant la bataille du bois de Belleau, ils ne seraient que des « crétins ». « Qui étaient les gentils ? » pendant ce conflit, a-t-il demandé à ses conseillers. Autre épisode raconté par le magazine : au cimetière militaire national d’Arlington, alors que son chef de cabinet, l’ancien général John Kelly, vient rendre hommage à son fils, un marine tué en Afghanistan en 2010 à l’âge de 29 ans, Trump lui glisse à l’oreille : « Je ne comprends pas. Quel intérêt il y avait pour eux ? » En 2015, il s’en était publiquement pris à John McCain, sénateur républicain, prisonnier de guerre torturé au Vietnam pendant cinq ans. « C’est un héros parce qu’il a été capturé. J’aime les gens qui ne sont pas capturés », avait-il déclaré. Donald Trump avait échappé à la conscription en 1968, officiellement en raison d’une excroissance osseuse au talon… La Maison-Blanche a démenti l’ensemble des accusations dénonçant l’anonymat des sources. Donald Trump a même demandé le renvoi de Jennifer Griffin, une journaliste de Fox News, la chaîne conservatrice, qui a confirmé en partie les propos « dénigrant » des soldats américains morts au combat.

Si John Kelly demeure muet depuis les révélations, un autre ancien proche de Donald Trump a décidé de parler. Il s’agit de son ancien avocat, Michael Cohen, condamné à trois ans de prison pour diverses fraudes et violation des lois électorales. Il publie ses mémoires dont CNN a obtenu une copie. On y apprend que Trump avait embauché un « Faux-Bama », un sosie de son prédécesseur afin de tourner une vidéo dans laquelle il l’a « rabaissé rituellement avant de le virer ». Le président américain y est décrit comme un menteur, un prédateur, un escroc, une brute et un raciste. Comme pour donner raison à ce portrait, Trump a ordonné, ce week-end, la suppression des formations contre le racisme dispensées dans l’administration fédérale, qui relèvent, selon lui, de la « propagande clivante et anti-américaine ». Michael Cohen dépeint également son ancien client comme un adorateur de Poutine et de la façon dont il tient la Russie sous sa coupe. Là encore, le contenu du livre trouve écho dans l’actualité : Trump a déclaré, vendredi, ne pas avoir vu de preuves de l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny. Interviewé par CNN, l’ancien avocat estime, enfin, que « Donald Trump fera tout et n’importe quoi pour gagner ». Il se dessine de plus en plus clairement que « faire n’importe quoi » sera la condition de sa réélection : même Fox News, la principale chaîne du Trumpistan, lui donne, dans la dernière livraison de sondages, un retard de 4 à 10 points dans tous les Swing States.

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