Les enjeux du Super Tuesday

Pour les opposants à Trump, qui fait la course en tête chez les Républicains, cela peut se résumer à « Stop ou encore ». Pour Bernie Sanders, sèchement battu par Clinton en Caroline du Sud, c’est : « Maintenant ou jamais. »

C’est l’heure où le premier qui lâche la foulée du leader verra s’envoler ses rêves de franchir la ligne d’arrivée de l’investiture en vainqueur. L’analogie vaut ce qu’elle vaut mais elle pose l’enjeu de ce « super Tuesday » où douze Etats vont voter. Pour Clinton et Trump, il s’agit de maintenir le rythme qui les a placés en leader. Pour leurs concurrents : rester en course. Comment ? Voici quelques indices. Pour une carte, voir ici (http://www.grandhaventribune.com/Nation/2016/02/26/10-things-to-know-today-696). Pour l’ensemble des Etats, ici (http://www.electoral-vote.com)

Démocrates : l’obligation pour Sanders de remporter au moins trois Etats

L’écrasante victoire d’Hillary Clinton en Caroline du Sud (73,5% contre 26%) a confirmé qu’elle pouvait compter sur l’électorat africain-américain pour lui parsemer de pétales de roses sont chemin vers la nomination démocrate. Son soutien indéfectible au bilan d’Obama, les liens tissés depuis plus de vingt ans par son mari et elle, le soutien des élus et des pasteurs lui assurent une position dominante inattaquable. Ainsi, les Etats du Sud qui votent aujourd’hui, avec leur forte proportion d’électeurs africains-américains, lui sont promis : Alabama, Arkansas, Georgie, Tennessee, Texas et Virginie.

Si Bernie Sanders ne veut pas se laisser distancer en nombre de délégués, il doit remporter les autres Etats en jeu. Si ce n’est tous, au moins une immense majorité.  Pour le Vermont, dont il est le sénateur, c’est dans la poche. Pour le reste…  On vote dans le Massachusetts, bastion démocrate et terre des Kennedy ; le Minnesota, Etat du midwest où le socialisme municipal fut vigoureux dans les années 20 et 30 , le Colorado « swing state » (Etat clé) lors des élections générales à la forte proportion de Latinos et, pourquoi pas, l’Oklahoma, Etat du Sud où vivent de nombreux Indiens, parmi lesquels Sanders est très populaire.

S’il passe le cap de ce « super Tuesday », la suite du calendrier durant la deuxième quinzaine de mars lui apparaît plus favorable, selon les spécialistes. A ce bémol près : ce sera la saison du « spring break », les traditionnelles vacances de Pâques et de fêtes déjantées chez les étudiants, force motrice de la dynamique Sanders.

Républicains : l’état d’urgence face à Trump

Il reste quinze jours, et sans doute pas un de plus, pour barrer la route au milliardaire qui retweete des phrases de Mussolini (http://www.nytimes.com/politics/first-draft/2016/02/28/donald-trump-retweets-post-likening-him-to-mussolini/) et ne trouve rien à redire à ce qu’est le Klu Klux Klan, prétend ne pas savoir ce que sont les « suprématistes blancs » (http://www.npr.org/sections/thetwo-way/2016/02/28/468455028/trump-wont-condemn-kkk-says-he-knows-nothing-about-white-supremacists) après avoir reçu le soutien d’un grand maître de l’organisation secrète raciste . Il est donné vainqueur dans l’ensemble des Etats en jeu aujourd’hui sauf dans le Texas, où le sénateur de l’Etat, Ted Cruz le devancerait de quelques points. Si Trump devait gagner dans le deuxième Etat le plus peuplé du pays, ce serait un triomphe et sans doute la fin de l’aventure pour Cruz, le champion des chrétiens évangélistes. Mais finalement, ce ne serait peut-être pas une si mauvaise nouvelle pour le plan « Tout sauf Trump » : un retrait de Cruz permettrait éventuellement de regrouper les forces restantes derrière Marco Rubio, le seul qui, en l’état, peut encore prétendre faire dérailler ce qui était impensable il y a encore six mois : Donald Trump, candidat du parti républicain aux élections présidentielles. Serait-ce suffisant pour autant ? La date-clé, c’est le 15 mars. Ce jour-là, on vote notamment en Floride. Une victoire de Marco Rubio, sénateur de l’Etat, et il regagnerait du vent dans les voiles. Une victoire de Trump et c’est la marche triomphale assurée. Surtout, à partir du 15 mars, on passe d’une allocation proportionnelle des délégués au système du « winner take all » (le premier emporte la mise), extrêmement favorable, comme son nom l’indique,  à celui qui arrive en tête : soit, aujourd’hui, Donald Trump.

 

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