Les trois raisons de la faillite de Detroit

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(Ci dessus, cartographie du recensement de la population: en bleu, les Africains-Américains dans le centre de Detroit, en rouge, les Blancs dans les banlieues résidentielles)

1903-2013 : R.I.P. Detroit. Avec l’annonce de la déclaration de faillite de la ville, c’est un siècle d’Histoire américaine qui se clôt. Detroit n’était pas seulement le berceau de l’industrie automobile. Elle était également le cœur atomique de la période du New Deal (les « Trente glorieuses américaines »), la capitale du syndicalisme qui y remporta des batailles décisives, la « Motor City » qui enfanta la « motown », le label « soul » (Diana Rosse, Jackson Five, Marvin Gaye, Stevie Wonder et la « reine de la soul » Aretha Franklin). Bref, une partie du « patrimoine » des Etats-Unis que le pays d’apprête à remiser dans ses réserves, sans ciller. Comment en est-on arrivés là ?

  1. La désindustrialisation.

Le destin de la petite ville au nom français, fondée en 1701 par Antoine de Lamothe-Cadillac, bascule en 1903 quand Henry Ford fonde sa compagnie à Dearborn, dans la banlieue de Detroit. En 1908, c’est General Motors qui est créé. Suivi en 1925 par Chrysler formant ainsi les « big three ». A ce moment-là, avec la sortie du model T et l’instauration du Fordisme (organisation du travail et compromis salaires-productivité), l’industrie automobile est en pleine expansion. Detroit explose : 285.000 habitants en 1900, 465.000 en 1910, 993.000 en 1920, 1,5 million en 1930.

Extrait de « Voyage au bout de la nuit » : « Et j’ai vu en effet des grands bâtiments trapus et vitrés, des sortes de cages à mouches sans fin dans lesquelles on discernait des hommes à remuer, mais à remuer à peine, comme s’ils ne se débattaient plus que faiblement contre je ne sais quoi d’impossible. C’était ça, Ford ? »

Oui, c’était ça Ford, mais des hommes décidèrent de se débattre. En mai 1935, est fondé l’United Auto Workers (UAW). En 1937, après des grèves à Atlanta (Georgie) et Flint (Michigan), General Motors et Chrysler doivent reconnaître le fait syndical. Seul Ford résiste. Le 26 mai 1937, la bataille de l’Overpass, au cours de laquelle, les milices d’Henry Ford agressent les syndicalistes de l’United Auto Workers, devant l’usine de River Rouge à Dearborn, marque un tournant décisif. En 1940, 33 % des ouvriers de l’industrie ont une carte syndicale en poche. Il faudra attendre 1941 pour que la première convention collective soit signée chez Ford.

Après la guerre, le New Deal de Roosevelt règne en maître incontesté, même le républicain Eisenhower n’en conteste pas l’héritage social et réglementaire. L’Etat-Providence est incontournable. Les années 50 La production de masse se trouve à son pic, la consommation de masse commence. Les syndicats sont plus puissants que jamais.

C’est à Detroit encore et toujours qu’est conclu un accord qui passera à la postérité sous le nom de Traité de Detroit. Il est conclu entre les Big Three (Ford, General Motors, Chrysler) et l’UAW: salaires indexés sur les prix et sur la productivité, assurance-maladie et retraites pour les syndiqués qui gagnent ainsi une protection sociale unique aux Etats-Unis en échange de la promesse de jouer « le jeu » (productivité, pas de grèves). C’est ce « compromis » que le patronat commence à remettre en cause dès les années 60 et encore plus dans les années 70, profitant des deux chocs pétroliers. Les compagnies organisent une délocalisation interne aux Etats-Unis en ouvrant des usines dans le Sud, véritable désert syndical.

  1. Le « white flight » ou l’exode des classes moyennes

La désindustrialisation organisée rencontre un autre phénomène de société que des sociologues ont baptisé le « white flight » (« le vol blanc »), à savoir : la fuite des classes moyennes blanches des centres villes. Ceci a évidemment à voir avec le mouvement des droits civiques qui se déroule dans le Sud mais aussi  dans les grandes villes industrielles du Nord où des centaines de milliers de Noirs pauvres sont arrivés lors de la « grande migration » (années 20 puis début des années 50). Le racisme n’est pas l’apanage des anciens Etats de la confédération. Il résiste également dans les grandes villes, notamment dans la police. En juillet 1967, une descente de police met le feu aux poudres : les émeutes durent cinq jours et fera 43 morts. Le gouverneur du Michigan (George Romney, le père de Mitt) envoie la garde nationale et Lyndon Johnson, le président, dépêche l’armée. Rien de moins.

Une « grande peur » s’empare des habitants blancs, d’autant qu’elle est instrumentalisée politiquement par le parti républicain qui a décidé, après la signature de la loi sur les droits civiques par le président Johnson en 1965, de faire des angoisses des Blancs son fonds de commerce …

Suprême ironie de l’Histoire : cet exode est rendu possible par… la voiture. On peut désormais travailler dans une usine de Detroit et habiter dans une banlieue résidentielle à trente kilomètres de là. Dans les autres pays occidentaux, ce mouvement de périurbanisation et d’étalement urbain marquera également les années 70. Mais, nulle part ailleurs qu’aux Etats-Unis, il ne sera aussi fortement « racialisé ». Detroit perd 300.000 habitants durant les années 70, 200.000 autres dans la décennie suivante. Actuellement, elle compte 700.000 habitants contre 1,8 million en 1950. 82% de ses habitants sont Africains-Américains. Un habitant sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté.

  1. L’inaction de l’Etat du Michigan et du gouvernement fédéral

D’après un porte-parole de la Maison Blanche, l’administration Obama continue « à surveiller de près la situation à Detroit. » Mais pas plus. Alors que la ville a dû se placer sous le chapitre 9 des faillites, elle sait qu’elle n’a rien à attendre de sonnant et trébuchant du côté du gouvernement fédéral. Sauver l’industrie automobile à coups de milliards d’argent public, comme en 2009, oui. Sauver la ville de Detroit, non.

Personne ne nie la réalité des chiffres : 18,5 milliards de dollars de dettes. Ce qui n’a rien d’étonnant dans une ville où les industries puis les contribuables ont pris la fuite laissant la population pauvre se débattre sans emplois ni le sou. Le coup de grâce est venu du gouverneur. Le fait qu’il soit républicain ne relève évidemment pas de l’anecdote. En obligeant Detroit (qui a voté Obama à 98% en novembre dernier !) à se déclarer en faillite, Rick Snyder va pousser à la renégociation des conventions collectives dans les services municipaux. Plutôt que d’engager un débat sur une revitalisation économique et urbaine, on va donc imposer à l’ancienne capitale industrielle du pays une cure d’austérité qui ne guérira pas le malade.

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Marijuana : les Américains favorables à la légalisation

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Lorsque l’on vous dit que des bouleversements profonds s’opèrent dans les mentalités américaines… Une enquête publiée ce matin par le Pew Research Center (http://www.people-press.org/2013/04/04/majority-now-supports-legalizing-marijuana/) montre que « pour la première fois en 40 ans d’enquête », une majorité des personnes interrogées (52%) se déclarent favorables à la légalisation de la marijuana. Les seuls « segments » de la société opposés sont les plus de 65 ans et ceux qui se définissent comme les « conservateurs purs et durs ». Les 18-29 sont les plus en pointe (65%) dans la défense de cette mesure. Pour rappel : en novembre dernier, par référendum et à la surprise générale, les citoyens de deux Etats (Colorado et Washington) avaient légalisé la consommation du cannabis. D’autres Etats l’ont autorisé à des fins médicales et/ou décriminalisé sa possession. Pour en savoir plus : (http://www.mauvaise-herbe.fr/legislation/loi-marijuana-usa-etat-etat/).

La deuxième partie de l’enquête du Pew Research Center est presque encore plus surprenante : 48% des Américains reconnaissent avoir déjà fumé de la marijuana (12% durant l’année écoulée, 36% avant). Parmi ceux-ci, 30% disent l’avoir fait pour des « raisons médicales », 47% « juste pour le plaisir » et 23% « pour les deux ». Un quart des Américains qui dit avoir fumé une drogue douce pour le plaisir : reconnaissons que cela brise quelques clichés paresseusement entretenus de ce côté-ci de l’Atlantique.

Revenons à la conclusion principale de l’enquête : la « guerre à la drogue », déclarée par Nixon au début des années 70, véritable catastrophe politique et sociale, est aujourd’hui minoritaire dans l’opinion publique. On n’attend plus qu’un courageux président pour en finir officiellement…

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Débat à Toulouse le 28 mars

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Débat à Lille le 21 mars

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Un discours sur l’état… d’Obama

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Il y a au moins deux façons d’analyser le discours sur l’état de l’Union de Barack Obama mardi soir.

La première serait de souligner le nombre important de propositions et de pistes de nature « démocrates », « keynésiennes » voire « progressistes » avancées par le président réélu : réforme fiscale (tax reform), augmentation du salaire minimum fédéral (de 7,25 dollars de l’heure à 9 dollars), des investissements (50 milliards de dollars) dans des infrastructures, réforme « globale » (comprehensive) du système d’immigration, réglementation de la détention d’armes, appel à des mesures contre le réchauffement climatique…

La deuxième consisterait à rappeler que Barack Obama ne disposant pas de majorité à la Chambre des représentants il peut proposer tout ce qu’il veut, rien ne sera voté sans les Républicains. Or, comme ces derniers n’ont vraiment pas envie de transiger, rien de ce qu’a proposé le président des Etats-Unis ne sera adopté…

La vraie question n’est pas de savoir laquelle des deux analyses est juste – les deux le sont –  mais de discerner la façon dont Obama va dénouer ce nœud. En gros, s’agit-il d’une posture pour l’Histoire ou d’un jalon dans un rapport de forces ?

La réponse viendra avec le temps mais une absence et un fait inhabituel contribuent déjà à l’élaboration d’une réponse.

L’absence. Contrairement à ce qu’il avait faut lors de son discours d’investiture, Barack Obama n’a pas mentionné la nécessité pour les Américains de peser dans le processus politique. Certes, on pourra objecter qu’il s’adressait au Congrès. Physiquement, oui. Mais le discours sur l’état de l’Union s’adresse à l’ensemble de la nation, pas seulement aux 435 représentants et cent sénateurs. Oubli ? Changement de pied ?

Le fait inhabituel : alors qu’il parlait des armes à feu, le président a été interrompu par… des élus démocrates. « Un vote ! Un vote ! », ont-ils demandé, pendant plusieurs dizaines de secondes, à haute voix, tout en se levant. L’appel est on ne peut plus spectaculaire. Le président lui-même a consacré une partie de son discours à affirmer que les victimes des armes à feu « méritaient un vote ». Le sens du geste de ces quelques élus démocrates peut être double : montrer aux Républicains qu’ils sont déterminés et rappeler à Barack Obama, dont la tendance à agir seul a été critiquée à de nombreuses reprises dans son propre camp, qu’ils existent et qu’il faudra aussi compter sur eux… Comme s’ils pensaient que le « Mr Nice Guy », celui qui pendant son premier mandat recherchait à tout prix le consensus républicain, se soignait mais qu’il ne semblait pas à l’abri d’une rechute…

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Obama II : du contenu dans le discours

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En attendant une analyse plus fouillée du second discours d’investiture de Barack Obama, voici ma première impression.

Si Barack Obama met en œuvre ce qu’il a évoqué, ou tout au moins s’il lance des politiques amorçant des processus en ce sens, alors sa présidence pourrait s’avérer réellement transformatrice.

Le président réélu a discouru sur la nécessité de s’attaquer au changement climatique, de procéder à une réforme de l’immigration, de ne pas laisser la législation sur les armes à feu en l’état, de faire en sorte que les gays disposent de droits égaux dans la loi… Il s’est également posé en défenseur des systèmes Medicare et Medicaid, assurances-santé pour les seniors et les enfants pauvres. L’hôte de la Maison-Blanche a également fait une référence directe aux inégalités croissantes : « notre pays ne peut pas réussir quand une minorité de plus en plus restreinte se porte bien tandis qu’un nombre grandissant y arrivent à peine ».

Enfin, en matière de politique étrangère, il a lâché cette phrase lourde de sens sur la possibilité et la nécessité de transformer d’anciens ennemis en amis. Qu’avait-il à l’esprit ? Israël-Palestine ? Iran-Etats-Unis ? Les deux ? Soulignant que la sécurité et la paix ne requéraient pas « une guerre perpétuelle, il a déclaré, de façon tout à fait claire: « Personne n’a plus intérêt à un monde en paix que le pays le plus puissant ».

Des mots, des mots, certes. Mais des engagements, de fait. Et pour passer aux actes, il a rappelé aux citoyens qu’ils avaient l’obligation « de définir les débats de notre temps, pas uniquement avec les bulletins que nous mettons dans l’urne, mais avec les voix que nous élevons dans la défense de nos plus anciennes valeurs et nos idéaux les plus durables ». Question : comment Barack Obama s’y prendra-t-il pour faire suivre d’effets cet  appel à ce que les Américains se mêlent de politique pour contourner l’obstructionnisme des républicains ?

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L’analyse des résultats définitifs des scrutins du 6 novembre

ImageAlors que Barack Obama va prêter serment pour un second mandat, lundi 21 janvier, retour sur le sens du vote des Américains.

Participation « forte »

L’abstention a augmenté depuis 2008 mais pas si fortement que ne le laissaient supposer les derniers sondages avant le vote : on compte 129, 134, 843 millions de bulletins exprimés (l’ouragan Sandy est responsable d’un million de voix manquantes environ) contre 131,463,122, soit un taux de participation de 72,5% des électeurs inscrits contre 74,4% lors du précédent scrutin précédent. Le phénomène de non-inscription sur les listes électorales étant massif aux Etats-Unis, les spécialistes mesurent par rapport à la population en âge de voter (PAV). En 2008, cela donnait 58,3%. Nous ne disposons pas encore du chiffre pour cette élection mais il devrait être inférieur. 2008 et 2012 (ainsi que 2004) s’inscrivent dans la moyenne plutôt haute des participations électorales de ces trente dernières années. Après les années Bush père-Clinton, les mandats de « W. » Bush, très « clivants », ont eu pour conséquence de remobiliser l’électorat.

Nette victoire de Barack Obama

Le président sortant a 65,9 millions de voix, en recul de 3,5 millions par rapport à 2008 (69,5 millions). Il est le premier président depuis Eisenhower à obtenir plus de 51% des voix lors de ses deux élections (52,87% en 2008, 51,03% en 2012). Ces chiffres confirment l’analyse de certains chercheurs (dont Ruy Teixeira) qui avaient prédit l’émergence d’une majorité durable pour le parti démocrate, conséquence des bouleversements démographiques qui voient la part des WASP (blancs anglo-saxons protestants) décliner au profit de celle des minorités (37% de la population), dont les Latinos sont désormais les plus importants représentants avec 16% de la population. Ils ont constitué 10% de l’électorat de novembre dernier et ont voté à 72% pour Obama et 27% pour Romney. C’est grâce à ce vote que le président sortant est réélu.

Le bon score d’Obama est à mettre au crédit du « vote » stratégique d’électeurs déçus (dont de  nombreux Latinos) par son premier mandat mais qui n’ont pas voulu, pour autant, la victoire de l’ultra-droitier parti républicain. Cette mobilisation de dernière minute est particulièrement visible dans les « swing states » où l’abstention a été moins forte (sauf dans l’Ohio industriel) en 2012 qu’en 2008 (contrairement à l’évolution nationale),

Le plafond républicain

60,5 millions de suffrages pour Bush en 2004. 59,9 pour McCain en 2008 et 60,9 pour Romney : alors que la population américaine a augmenté de 35 millions d’habitants en dix ans et le nombre d’électeurs enregistrés de dix millions, l’électorat républicain stagne. La force (de nuisance) du parti de l’éléphant, réside dans la mobilisation permanente et la cohérence de sa base sociale. Son « petit » problème est que cette-dernière, dont les Blancs évangéliques sont le pilier, est en déclin numérique.

Parlement : les démocrates majoritaires en voix mais minoritaires en sièges

Les candidats démocrates ont obtenu, aux élections à la Chambre des représentants qui se sont déroulées le même jour que le scrutin présidentiel, 1,4 millions de voix de plus que leurs adversaires. Pourtant, ces derniers ont gardé leur majorité (233 à 200 malgré une perte de neuf sièges). L’explication ? Le redécoupage électoral. Après le recensement de la population de 2010, les Etats les plus dynamiques démographiquement (dans le Sud notamment) ont gagné des sièges. Les législatures et gouverneurs républicains qui y sont en place, chargés de la nouvelle carte électorale, ont sorti les ciseaux de compétition. Exemple : le Texas qui a gagné 4 sièges grâce à un boom démographique dont les Latinos, qui votent massivement démocrate, comptent pour 80%. Le parti républicain a gagné trois des quatre nouvelles circonscriptions dont il faut voir le dessin tortueux pour comprendre tout le mal que les « charcuteurs » se sont donnés (voir ci-dessous l’exemple de l’aire métropolitaine de Dallas)… Voilà comment un parti minoritaire lors des scrutins de novembre peut bloquer la politique américaine.

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Dernier appel: débat mercredi 16 octobre à Montpellier

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Armes à feu: la surprenante enquête

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315 millions d’armes pour 320 millions d’Américains : l’affolante statistique, (re)découverte après le massacre de Newton, nous avait presque collectivement poussés à penser que tous les Américains étaient des dingues des « guns », presque tous « coupables ». Et voici qu’une enquête bouscule une idée reçue. Plus même, les données de la dernière livraison du General Social Survey (GSS), grande enquête sociologique réalisée depuis 1972 par le National Opinion Research Center (NORC) de l’Université de Chicago, et présentées par le Violence Policy Center, une fondation favorable au contrôle des armes (http://www.vpc.org/) nous indique que de moins en moins d’Américains possèdent une arme à feu. Vous avez bien lu, oui. En 2010 (date de la réalisation de l’étude qui vient de sortir), 20% des Américains étaient détenteurs d’une de ces armes contre 30% en 1985 à son plus haut. Une arme se trouve ainsi dans 32% des foyers (contre 54% en 1977).

Un certain nombre de facteurs expliquant cette spectaculaire décroissance sont ensuite.

Le vieillissement de la population détentrice d’armes – des hommes blancs, et le peu d’intérêt des jeunes pour les armes.

La fin de la conscription militaire.

Le recul de la pratique de la chasse.

Les mesures qui limitent l’utilisation des armes.

On pourrait ajouter aussi : la baisse de la part des Blancs dans la population.

La question vient alors naturellement : pourquoi ce blocage américain sur les armes alors que la base sociale de ces utilisateurs baisse ?

Pour esquisser une réponse, voici : la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby (plus des fabricants que des possesseurs, d’ailleurs) a incontestablement marqué des points idéologiques et politiques dans la bataille d’interprétation du second amendement. Celui-ci dit : « Une milice régulée étant nécessaire à la sécurité d’un Etat libre, le droit du peuple à détenir et porter une arme ne doit pas être enfreint. » Le lobby y voit un droit « personnel » de chaque Américain. C’est cette lecture qui a été reprise dans une loi votée sous Reagan. Car, oui, l’affaire est récente. Elle ne date pas des Pères fondateur ou du Far West. La lutte idéologique de la NRA a participé de la (contre) révolution conservatrice lancée au début des années 70.Mais à l’instar du conservatisme américain à bout de souffle, la NRA ne dispose plus d’une majorité. Une carte de la possession d’armes (voir ci-dessus) nous éclaire assez rapidement : le « pays des armes » est principalement celui qui vote Romney. C’est aussi le « pays de la Bible ». Le Sud et les grandes plaines. Ce même « bloc évangélico-conservateur » défait, une fois de plus, dans les urnes, qui va tenter par l’obstruction des élus républicains au Congrès, d’empêcher des évolutions législatives alors que des évolutions réelles dans le pays ont déjà eu lieu.

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Débat à Montpellier le 16 janvier

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