Les dossiers chauds qui attendent la Maison-Blanche

Malgré une majorité ténue dans les deux chambres, le nouveau président démocrate est attendu sur plusieurs fronts. Jouera-t-il petit bras ou se montrera-t-il à la hauteur des enjeux ? (Article publié dans l’Humanité du 7 janvier 2021.)

Aussitôt investi – ce sera le mercredi 20 janvier –, Joe Biden devra s’atteler à préparer un plan national pour endiguer la pandémie du coronavirus. Il a, de longue date, annoncé qu’il s’agirait de la priorité des priorités alors que plus de 350 000 Américains sont déjà décédés et que l’hécatombe se poursuit au rythme de plusieurs milliers par jour (3 658, mardi 5 janvier). Le contraste avec la gestion de la crise par Donald Trump devrait être parmi les plus marqués. Joe Biden assure qu’il s’appuiera sur l’avis des scientifiques pour prendre ses décisions. En revanche, angle mort de sa politique, il refuse une réforme radicale du système de santé pour le rendre réellement universel, dans l’esprit du Medicare for All de Bernie Sanders. D’autres dossiers attendent sur un bureau de la Maison-Blanche que connaît bien le 46e président.

Smic à 15 dollars. Après un peu moins d’une décennie d’une bataille lancée par quelques salariés de fast-foods à New York, le salaire minimum à 15 dollars est une réalité pour un tiers du pays. Des villes (Seattle en pionnière) puis des États (Californie et New York en tête) en ont fait la norme. Chemin traditionnel suivi par les mesures progressistes ces dernières années, de la légalisation du mariage gay à l’instauration de congés maladie et parentaux. Alors que les inégalités sociales ont retrouvé leur niveau d’avant le New Deal de Roosevelt, la majorité démocrate de la Chambre des représentants a voté, à l’été 2019, une loi pour en faire la norme dans l’ensemble du pays, mais le Sénat, alors républicain, y a ensuite fait obstacle. Avec les deux chambres « bleues », l’heure du Smic à 15 dollars est peut-être venue. En fin de campagne présidentielle, Kamala Harris a animé un meeting virtuel sur le sujet en compagnie de Bernie Sanders. Un signe ? Un signal ?

Dette étudiante. C’est le deuxième sujet sur lequel la gauche – mais pas uniquement elle – met la pression. L’endettement étudiant, avertissent de nombreux économistes, est une bulle prête à exploser au visage de l’Amérique. Selon les derniers chiffres, qui datent de 2019, il se monte à 1 600 milliards de dollars, soit trois fois plus qu’en 2007 ; 45 millions d’Américains se sont endettés pour financer leurs études supérieures et la moyenne de leur ardoise se monte à plus de 35 000 dollars. Signe inquiétant : les défauts de paiement augmentent. Avant un éventuel krach, la gauche propose d’effacer la dette et, afin d’assécher les sources futures d’endettement, de décréter la gratuité des études universitaires publiques. Joe Biden se contente pour l’instant de vouloir prendre en charge 10 000 euros de la dette de personnes travaillant dans certains métiers de service, comme l’enseignement. Même l’élu de Caroline du Sud, Jim Clyburn, qui est un indéfectible soutien, trouve que le compte n’y est pas.

Peine de mort. La semaine prochaine, trois exécutions capitales auront lieu dans les pénitenciers fédéraux. Avant de vider les lieux, Donald Trump ne sème pas que le désordre, il sème aussi la mort. Dans le programme de Joe Biden figure une proposition de loi afin d’abolir la peine de mort « au niveau fédéral et d’inciter les États à suivre ». Le nombre d’exécutions diminue d’année en année (17 en 2020) et seulement une poignée d’États (principalement dans le Sud) perpétuent cette pratique. Au point que le Death Penalty Information Center parle d’une « abolition de fait ». Une abolition de droit serait historique.

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