Il paraît que la machine a été recalibrée depuis…
Archives d’Auteur: C.Deroubaix
JOUR J, 21h. Ohio, l’Etat à suivre
Depuis 1956 et la création du Grand Old Party, aucun Républicain n’est entré à la Maison Blanche sans avoir remporté l’Ohio. Et il apparait peu probable que Mitt Romney puisse mettre fin à cette série statistique. Ou alors il lui faudrait gagner en Floride, en Virginie, dans l’Iowa, le Colorado mais également dans le Nevada où Obama est crédité d’une avance de 4% dans le derniers sondage. Mission impossible. De plus, le « Buckeye State » (son surnom) vote à l’unisson de l’Amérique depuis 1964.
L’Ohio est un Etat de 11,5 millions d’habitants (7e Etat américain, 81% de Blancs, 12% d’Africains-Américains) à la fois rural et industriel, conservateur dans les comtés ruraux et progressiste dans les grandes villes (Cleveland, Colombus, Cincinatti). Cet Etat fait partie de la « Rust Belt » (littéralement la « ceinture rouillée »), l’ancien cœur industriel du pays frappé par les fermetures d’usines et les délocalisations depuis les années 70.
En 1996, dans son album « The ghost of Tom Joad », Bruce Springsteen chantait ce déclin :
« De la vallée de Monongahela
À la coulée d’acier de Mesabi
En passant par les mines de charbon des Appalaches
L’histoire est toujours la même
Sept cents tonnes de métal par jour
Maintenant, Monsieur, vous me dites que le monde a changé
Une fois que je vous ai rendu riche
Assez riche pour que vous oubliiez mon nom… »
La crise de 2007-2008 a frappé durement. Pourtant, l’Ohio affiche un taux de chômage inférieur à celui du pays. Les sondages montrent que les personnes interrogées en créditent Barack Obama. C’est l’immense atout du président sortant : le « plan de sauvetage » de l’industrie automobile en 2009. Un emploi sur huit dépend de l’industrie automobile, notamment dans le nord-est de l’Etat au bord du lac Erié. C’est également la partie de l’Ohio la plus favorable aux démocrates avec son mélange d’Africains-Américains et de Blancs membres de la classe ouvrière. Le parti de l’âne pourra donc sans doute compter sur une mobilisation de ses troupes, d’autant que les syndicats, encore puissants, ont battu la campagne. « Les ouvriers blancs en Ohio supportent plus Obama que les ouvriers blancs dans le reste du pays », indique, dans un article du jour du New York Times, Paul Beck, professeur à l’Université de l’Ohio. Lire à ce propos une passionnante enquête (en anglais) sur la classe ouvrière blanche qui instille de la complexité dans une question souvent sujette aux considérations définitives, du genre « la classe ouvrière blanche a basculé avec armes et bagages chez les républicains » (http://publicreligion.org/research/2012/09/race-class-culture-survey-2012/)
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JOUR J, 20h. Derniers et ultimes sondages
Rien de fondamentalement changé par rapport à hier (https://presidentiellesamericaines.com/2012/11/05/sondage-j-1-statu-quo-annonce/). Real Clear Politics donne 303 grands électeurs à Obama contre 235 à Romney. Quant au nouveau gourou des sondages, Nate Silver, il accorde désormais à Obama 90,9% de chances (http://fivethirtyeight.blogs.nytimes.com/)
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JOUR J, 19h. Le principal adversaire d’Obama ? L’abstention.
La mobilisation des électeurs « naturels » du parti démocrate, notamment les jeunes et les Latinos, constitue la clé du scrutin de ce mardi.
Selon David Paleologos, il y a une bonne nouvelle pour les démocrates : ils ont sous la main « une malle au trésor ». Il y en a une mauvaise, aussi : « La malle est cadenassée ». A l’intérieur : des millions de voix, largement assez pour assurer au président sortant un second mandat, à condition qu’il en trouve la clé. Voilà la conclusion du directeur du centre de recherche politique de l’Université de Suffolk qui a mené une étude auprès des électeurs qui se déclaraient, il y a quelques semaines, abstentionnistes. Ils sont au nombre de 90 millions sur un corps électoral de 235 millions. Les deux-tiers sont inscrits sur les listes électorales et huit sur dix pensent que le gouvernement joue un rôle important dans leur vie. Il ne s’agit donc pas de « pêcheurs à la ligne » désintéressés par la politique. Des déçus de l’ « obamisme », plutôt : membres des catégories populaires durement frappées par la crise, ces abstentionnistes potentiels sont d’abord et avant tout des électeurs d’Obama en 2008. D’ailleurs, s’ils devaient se déplacer, 43% disent qu’ils voteraient pour le président sortant, 18% pour son adversaire républicain. Au fond de la malle, se trouvent donc 22 millions de bulletins potentiels pour le candidat démocrate contre 11 pour son adversaire républicain… En 2008, Obama avait recueilli 69,5 millions de voix contre 60 pour McCain.
C’est le même paysage qui ressort d’une autre étude, signée celle-ci, du Pew Research Center (1). Barack Obama domine Mitt Romney chez les abstentionnistes : 59% contre 24%. Le profil de ces « obamistes abstentionnistes » est, ici, un peu plus creusé : il s’agit principalement de jeunes et de Latinos que l’organisme spécialisé dans les enquêtes d’opinions classe clairement à gauche de l’échiquier politique.
Ces deux enquêtes mettent en lumière la clé de ce scrutin : alors que l’attention médiatique se focalise sur les électeurs « indépendants », les stratèges démocrates savent qu’il faut convaincre les électeurs « naturels » du parti de l’âne de se déplacer, malgré les déceptions voire les désillusions. Ils le savent mais alors que le scrutin a débuté, aucun sondage ne montrait qu’ils avaient trouvé la clé de cette fameuse « malle au trésor ».
(1) Pour en savoir plus : http://www.people-press.org/2012/11/01/nonvoters-who-they-are-what-they-think/
Article publié dans l’Humanité du 5 novembre
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JOUR J, 18h30. La campagne la plus chère de l’histoire (2): les entreprises françaises aussi
Vous voulez savoir qui vous avez financé, via votre facture de gaz ? Lire cet article http://www.bastamag.net/article2758.html et consulter toutes les donations sur http://www.opensecrets.org/pacs/foreign.php
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JOUR J, 18h. La campagne la plus chère de l’histoire
C’est sur la base d’un double sophisme que la Cour Suprême a détruit, par un arrêt rendu le 21 janvier 2010 (Citizens United v. Federal Election Commission), toutes les digues du financement privé des campagnes électorales. 1. Les entreprises sont des personnes physiques (« Corporations are people », comme dit Mitt Romney). Le 1er amendement sur la liberté d’expression s’applique donc à elles. 2. Le fait de pouvoir dépenser sans limites s’apparente à de la liberté d’expression.
Avant la déréglementation massive, les PAC (political action committees, comités d’action politique), des organisations privées qui ne sont indépendantes que formellement des deux grands partis politiques, pouvaient recueillir des dons individuels dans la limite de 5 000 dollars par personne.
Désormais, voici les super PAC, qui ne servent qu’à faire transiter le butin depuis les milliardaires et les multinationales vers les candidats. L’élection présidentielle de 2008 avait battu un record : elle avait coûté un milliard de dollars. Celle de 2012 l’a explosé : deux milliards (un milliard et des broutilles pour les républicains, 931 millions pour les démocrates).
Barack Obama avait commenté de la façon suivante la décision de a Cour Suprême : « C’est une victoire majeure pour les multinationales du pétrole, les banques de Wall Street (…) et les puissants intérêts qui mobilisent leur pouvoir tous les jours à Washington pour étouffer la voix des Américains ordinaires ». Il avait raison. Il a pourtant décidé d’adopter, lui aussi, les Super PAC.
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JOUR J, 17h: le programme des démocrates
Une semaine après l’adoption du programme « ultra » des républicains lors de leur convention à Tampa (voir « post » précédent), les démocrates rendaient, eux aussi, public leur projet. Dans la rhétorique, c’est une vision différente de celle des Républicains qui s’exprime. Dans la transposition en propositions concrètes, c’est un « mixte » beaucoup plus balancé et « centriste » qui ressort. Plus « complexé ». Comme si l’objectif principal de ces mesures était de ne pas trop prêter le flanc aux critiques républicaines. A titre d’exemple, la réforme dite du « card-check » pour faciliter la création d’un syndicat sur le lieu de travail, présente dans le projet de 2008 mais jamais appliquée, a carrément disparu cette année.
Fiscalité : « juste part » et réductions d’impôts pour les sociétés
Le parti démocrate propose d’en finir avec les réductions massives d’impôts accordées aux plus riches par Bush en 2001 et 2003. Encore faudrait-il pour cela que non seulement Obama reste à la Maison Blanche mais que la Chambre des représentants vire démocrate. Il est également proposé de réformer le Code des impôts et de mettre fin aux exemptions et failles du système actuel. Comment sera utilisé l’argent récupéré ? Il financera des exemptions d’impôts pour les entreprises qui investissent et créent des emplois aux Etats-Unis. Donc, des niches fiscales pour les sociétés remplacent d’autres niches pour les sociétés.
Salaires: un “coup de pouce” au SMIC
On dirait presque une proposition française ! Celle de Barack Obama, non plus, n’est pas chiffrée. Le salaire minimum au niveau fédéral s’établit à 7,75 dollars par heure. Une coalition d’avocats progressistes, autour de Ralph Nader, l’ancien candidat à la présidentielle, propose de le porter à 10 dollars (ce qui, compte tenu de l’inflation, le ramènerait à son niveau de 1968). Deux parlementaires démocrates ont présenté un plan amenant ce SMIC américain à 9,80 dollars en trois ans. Il faudra donc attendre l’éventuelle réélection d’Obama pour en savoir plus.
Protection sociale : du net et du flou
Le chapitre sur la réduction des déficits ne comporte aucune mesure concernant Medicare (assurance-santé pour les plus de 65 ans) et la Social Security (le système de retraites). C’est une bonne nouvelle lorsque l’on sait que les démocrates étaient prêts à concéder de telles réductions lors du bras de fer, pendant l’été 2011, sur la dette engagé par les républicains du Congrès. Il y a pourtant un « flou » : il n’est affirmé, nulle part, que l’administration démocrate s’engage à protéger ces programmes de réductions y compris en dehors des mesures de réduction de la dette. Il est écrit : « Nous rejetons les approches selon lesquelles la réduction des prestations est la seule réponse ». Le mot « seule » fait évidemment toute la différence.
Société : du clair et de l’obscur
La plateforme rappelle le soutien sans failles des démocrates à l’arrêt Roe v Wade qui fait du droit à l’avortement un droit constitutionnel. Tout aussi clairement, le parti de Barack Obama, dans la foulée du président lui-même en mai dernier (http://www.humanite.fr/monde/obama-et-le-mariage-gay-un-risque-politique-pas-si-sur-496260) se prononce pour l’autorisation du mariage gay.
En revanche, la peine de mort n’est pas remise en cause. « Nous pensons que la peine de mort ne doit pas être arbitraire », peut-on lire, comme si le fait d’enlever la vie d’un être humain ne relevait justement pas, en soi, de l’arbitraire.
Concernant les armes à feu, l’interdiction des armes d’assaut masque mal un grand vide face à l’un des fléaux américains. Les démocrates reprennent même à leur compte la rengaine des lobbys selon laquelle le second amendement de la Constitution (rédigé juste après la guerre d’indépendance, au cours de laquelle le peuple des colons en armes a joué un rôle majeur) accorde un droit de port d’armes à titre individuel alors que les selon les défenseurs du contrôle des armes, il n’est constitutionnel qu’en tant que droit collectif.
Politique et argent : la promesse d’une digue
En 2010, la Cour Suprême a levé toute digue au financement privé des campagnes électorales. Depuis, l’argent déferle comme jamais sur la politique américaine. Le parti démocrate veut faire adopter un amendement constitutionnel qui en finirait avec cet arrêt. Il faut dire que cette session de collecte 2012 s’annonce moyenne pour le président sortant alors qu’en 2008 il avait pu dépenser deux fois plus d’argent que son adversaire républicain, John McCain (735 millions de dollars contre 368). Wall Street qui avait misé sur Obama en 2008 ont reporté leurs dons sur Romney cette année.
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JOUR J, 16h: le programme des Républicains
Romney plus à droite que Reagan : la dérive droitière du parti républicain se lit à chaque ligne des 62 pages de la plateforme directement inspiré des thèses des Tea Parties, la plus à droite de l’histoire du G.O.P. (Grand Old Party, son surnom) depuis l’avènement du New Deal de Roosevelt.
Réduction des dépenses publiques
Ce n’est évidemment pas une surprise : les Républicains proposent de réduire la dette et de faire voter des budgets « à l’équilibre ». La plateforme propose de réduire de manière drastique les dépenses fédérales mais, de manière surprenante, aucun objectif chiffré n’est posé noir sur blanc. Il faut donc en déduire que c’est le fameux « plan Ryan », concocté il y a deux ans par le représentant du Wisconsin, désormais second de Mitt Romney sur le ticket républicain, qui s’appliquerait. Pour mémoire, il propose de réaliser 6000 milliards d’économies durant les dix prochaines années.
Le dépeçage de Medicare
Il ne faut pas aller chercher bien loin les sources d’économies. Quelques lignes plus bas, le texte stipule que Medicare (programme de protection sociale des plus de 65 ans), Medicaid (programme de protection sociale des enfants pauvres et de leurs mères), tous deux créés dans les années 60, et la « Social Security » (système public de retraites, issu des années 30) représentent près de la moitié des dépenses publiques. Le parti républicain propose de relever l’âge d’éligibilité de ce programme et de remplacer la couverture universelle pour les « seniors » par un système de « vouchers » (bons) à utiliser auprès des compagnies d’assurances privées. Cela porte un nom: privatisation.
La mort lente de l’impôt progressif sur le revenu
Le chapitre sur l’impôt est l’un des plus illustratifs de la dérive continue du parti républicain. On peut y lire cette phrase : « Les impôts, par leur nature, réduisent la liberté du citoyen ». Cette assertion est, historiquement, libertarienne non républicaine. « L’impôt est une entrave à la liberté », avait déjà asséné Mitt Romney lors de la campagne des primaires. John Jay, père fondateur et premier président de la Cour Suprême, y voyait, au contraire, le « prix de la liberté, de la paix, de notre propre sécurité et de la postérité ».
« Nous rejetons l’utilisation de l’impôt pour redistribuer les revenus », est-il encore écrit dans le texte de 62 pages. Au menu : étendre les allégements fiscaux (pour les plus riches, NDLR) votés sous Bush en 2001 et 2003, mettre fin à aux droits de succession. Il est même envisagé, dans le cadre d’une réforme ultérieure, d’abroger le seizième amendement de la Constitution qui a établi en 1913 l’impôt sur le revenu fédéral.
Guerre aux syndicats
Sous le vocable « liberté sur le lieu de travail », le parti républicain assume la guerre qu’il a déclarée aux organisations syndicales (http://www.humanite.fr/monde/dans-le-wisconsin-les-republicains-sur-les-lieux-de-leur-tentative-de-crime-493694). Après un hommage rendu aux gouverneurs qui ont tenté de faire passer des législations limitant le droit de négociation collective des syndicats, le GOP annonce qu’il s’attaquera, une fois élu, au processus (très compliqué, au demeurant) de constitution de syndicats dans les usines, bureaux ou magasins.
Société : l’ordre moral évangélique
Pour la première fois, une plateforme du parti républicain propose d’interdire, au nom de la sainteté de la vie humaine », l’avortement en toute circonstance, donc même en cas de viol ou d’inceste. L’arrêt de la Cour Suprême, Roe v Wade, rendu en 1973 considère, en revanche, l’avortement comme un droit constitutionnel. Interdiction programmée également du mariage gay – « un assaut contre les fondations de notre société ». Autorisation sans limites, en revanche, du port d’armes. Le programme républicain propose également la « présentation publique des dix commandements ». On attend donc avec impatience le rappel par un élu républicain devant un congrès du NRA (National Rifle Association, le puissant lobby des armes à feu), du sixième d’entre eux : « Tu ne tueras point ».
Politique étrangère : le retour des « néos-cons »
Avec le départ, dans l’opprobre, de George W. Bush, on croyait les néo-conservateurs condamnés à l’errance durant des décennies. Voilà que leur idéologie resurgit. Soutien indéfectible à Israël avec Jérusalem pour capitale. Critiques de la tentative de nouveau départ (« reset ») des relations avec la Russie par l’administration Obama. Plus généralement, leçons de démocratie dispensées à la terre entière. Avec, en point d’orgue, cette « pépite » sur la Chine : « L’exposition aux Chinois de notre mode de vie peut être la plus grande force pour le changement dans leur pays ».
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JOUR J, 15h. Congrès, référendums : on vote aussi
Alors que les bureaux de la côte est sont désormais tous ouverts, le point sur les autres scrutins du jour: statu quo annoncé à la Chambre des représentants et au Sénat; avancées attendues dans les Etats.
Le visage de l’Amérique au petit matin de mercredi ne dépendra pas uniquement du nom du président. Il sera également façonné par l’issue des scrutins parlementaires (national et local) ainsi que par les résultats des référendums locaux dont nombre ont une portée transformatrice.
Qui dominera Capitol Hill, le siège du Congrès des Etats-Unis ? Après l’identité du locataire de la Maison Blanche, voilà le principal enjeu de ce 6 novembre. Le caractère présidentialiste du système américain ne doit pas faire oublier que les parlementaires, et eux seuls, font la loi. L’expérience de ces deux dernières années le rappelle. Depuis 2010 et le raz-de-marée républicain (63 sièges gagnés à la chambre des représentants), Barack Obama n’a plus les moyens de gouverner même si son droit de veto a empêché la droite d’appliquer son programme. Aucun changement n’est attendu du côté de la chambre: les républicains devraient garder leur majorité (242 élus contre 193). Le parti de Romney envisageait également de faire basculer le Sénat, ce qui lui aurait donné les pleins pouvoirs législatifs. Or, les démocrates semblent bien placés pour y maintenir voire renforcer leur domination (53 sièges contre 47). Cette élection devrait marquer l’entrée au Sénat d’une figure de la gauche américaine, Elisabeth Warren, partie à la reconquête du siège jadis détenu par Ted Kennedy et perdu par les démocrates en janvier 2010. Cette professeure de droit à Harvard, véritable cauchemar de Wall Street et des milieux d’affaires dont elle dénonce les méthodes depuis des années, renforcerait ainsi la voix des progressistes aux côtés de Bernie Sanders, le sénateur du Vermont considéré comme l’élu le plus à gauche du Congrès, dont la réélection ne fait aucun doute.
Aux Etats-Unis, pays fédéral, un autre type de scrutin s’avère déterminant dans la vie de millions d’Américains : les référendums locaux. Pas moins de 174 propositions sont soumises à l’approbation des électeurs dans 38 Etats. Dans cinq Etats, le parti républicain tente de torpiller l’Obamacare. En Floride, le texte veut interdire, en outre, le financement public de l’avortement. Mais la droite n’est plus la seule à occuper le terrain des consultations populaires. Le camp progressiste a décidé lui aussi d’actionner le levier des référendums. Ainsi, dans le Maine, le Maryland et l’Etat de Washington (Seattle), les citoyens sont invités à autoriser les mariages homosexuels, ce qu’ils devraient faire, selon les derniers sondages. C’est en Californie, Etat le plus peuplé du pays (37 millions d’habitants), que se joue la plus grosse partie : abandon de la règle répressive de la condamnation automatique à la perpétuité en cas de troisième infraction (quelle qu’en soit la nature), taxe sur les millionnaires pour financer l’éducation et les services sociaux et abolition de la peine de mort.
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Le Jour J en direct sur ce blog
Dès l’ouverture des bureaux de vote mardi matin aux Etats-Unis (début d’après-midi en France), ouverture en simultané d’un fil d’actualité : les premières indications de participation, les résultats du vote anticipé, quelques éclairages, la mise en évidence des enjeux, puis les premiers résultats dans les premiers Etats, et, au bout de la nuit, le nom du président des Etats-Unis.
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